Critique
Staind est, notamment grâce (ou à cause) de son chanteur Aaron Lewis, l’un des groupes les plus « virils » de la scène rock metal américaine. Ce septième album, qui est le dernier du groupe avec son batteur Jon Wysocki, qui a quitté la bande après l’enregistrement, renoue avec le son des débuts de Staind : entre metal, post grunge et rock alternatif guttural.
L’aiguille du tempo des dix titres de cet album homonyme se situe toujours, ou presque, au milieu du métronome, et les guitares lourdes, puissantes, assènent des riffs souvent imparables (« Falling », « Wannabe ») et mémorisables dès la première écoute. Evidemment, c’est précisément là que l’on tient l’avantage et l’inconvénient de Staind : l’efficacité au détriment de l’inventivité.
Il a en effet souvent manqué une once de spontanéité et d’originalité aux Américains. Cette lacune se retrouve ici, sur ce disque aux accents trop « teenage », au son bien trop formaté, au propos bien trop évident. Paradoxalement, c’est lorsque Staind tente sans aucun complexe le single radio, comme sur le culotté « Now », qu’il s’en sort peut-être le mieux, en augmentant le tempo et en proposant un gimmick aigu, qui vient contrebalancer avec la voix et les guitares noyées dans la testostérone… Avec Staind,
Staind ne fait ni plus ni moins que du Staind : un rock lourd et violent qui rentre dans les cases sans jamais dépasser. Cela manque de sueur, de frissons, d’envie ; mais cela sent déjà le carton dans les fins de soirées de campus américains. Si c’est le but, c’est tout à fait réussi.
Arnaud De Vaubicourt - Copyright 2012 Music Story
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