L'année 1957 est riche en rencontres jazzistiques d'une exceptionnelle qualité. Norman Granz, producteur du label Verve, a le génie en faisant se rencontrer des pointures du jazz. "Stan Getz and the Oscar Peterson Trio" est le premier de ces albums devenus des classiques. Stan Getz est accompagné d'Oscar Peterson au paino, d'Herb Ellis à la guitare et de Ray Brown à la contrebasse (il n'y a pas de batteur). Sur les onze plages, huits sont des standards et trois des compositions originales, deux signées Getz et une Ellis. Comme c'est devenu une habitude, tous les styles jazzistiques nous sont donnés à entendre : "I Want to Be Happy" et "Three Little Words" sont deus swings (le premier mélodieux et le second virtuose), "Pennies from Heaven", "I'm Glad There Is You", "I Was Doing All Right" et "Detour Ahead"quatre ballades très mélancoliques, "Ballad Medley" une curiosité qui est une succession de cinq solos sur des standards intemporels (les solistes sont successivement Getz, Ellis, Peterson, Brown et de nouveau Getz) destiné à mettre en valeur les qualités de chaque musicien, chaque solide étant très discrètement accompagné par les autres membres du quartette, "Tour's End" un bop très mélodieux. Le groupe interprète aussi deux blues composés par Getz (on regrette que ce dernier ne soit pas aventuré davantage vers ce style) : le mélodieux "Bronx Blues" et l'enjoué "Blues for Herky".
L'écoute de cet album est un réel enchantement : aucun des musiciens ne tire la couverture à lui : il n'y a ni leader ni sidemen mais réunion entre amis qui prennent un évident plaisir à louer ensemble. Selon les morceaux, ce sont Getz et Peterson qui démarrent les morceaux, se lançant dans dz rapides improvisations (à l'aise tant dans le registre virtuose que lyrique), rapidement rejoints dans de magnifiques chorus par les autres membres du quartette.
Un album à thésauriser si vous aimez Stan Getz, Oscar Peterson ou la bonne musique.