Stan Getz

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Biographie

Né le 2 février 1927 à Philadelphie (Pennsylvanie, Etats-Unis), Stanley Gayetzky voit le jour dans une famille juive d'origine ukrainienne. Il grandit à New York, où il suit une scolarité assez brillante ; son intérêt se porte cependant déjà sur la musique. Après s'être fait la main sur une série d'instruments, il opte pour le saxophone, dont il commence, encore adolescent, la pratique intensive. A l'âge de quatorze ans, il intègre l'orchestre municipal des lycéens de New York, ce qui lui permet de recevoir des cours particuliers de musique.

Stanley finit par négliger sa scolarité pour ... Lire la suite

Né le 2 février 1927 à Philadelphie (Pennsylvanie, Etats-Unis), Stanley Gayetzky voit le jour dans une famille juive d'origine ukrainienne. Il grandit à New York, où il suit une scolarité assez brillante ; son intérêt se porte cependant déjà sur la musique. Après s'être fait la main sur une série d'instruments, il opte pour le saxophone, dont il commence, encore adolescent, la pratique intensive. A l'âge de quatorze ans, il intègre l'orchestre municipal des lycéens de New York, ce qui lui permet de recevoir des cours particuliers de musique.

Stanley finit par négliger sa scolarité pour tenter de commencer une carrière professionnelle, avant d'être ramené à l'école manu militari. C'est à l'âge de seize ans, en 1943, que le jeune homme, qui se fait désormais appeler Stan Getz, obtient un premier passeport pour les feux de la rampe : il intègre l'orchestre de Jack Teagarden, qui le soutient au point de le prendre pour pupille légal, afin de garantir la légalité de son engagement. Rapidement, le petit prodige new-yorkais joue du réseau de connaissances de Teagarden et multiplie les collaborations, jouant du saxophone aux côtés de Nat King Cole ou de Lionel Hampton. Il se produit dans les orchestres de Stan Kenton, Jimmy Dorsey, Benny Goodman et Woody Herman, interprétant avec ce dernier ses premiers solos.

A la fin des années 1940, Stan Getz s'oriente vers le cool jazz, cette forme adoucie du jazz, souvent interprétée par les musiciens blancs comme contrepoints aux rythmes agressifs du be-bop ; il est par ailleurs très influencé par le jeu suave et délicat de Lester Young. Si Stan Getz s'affirme très vite comme un musicien aussi génial que précoce, sa vie privée est déjà assez perturbée : consommateur de stupéfiants dès son adolescence, il collectionne les rencontres désagréables avec les représentants des forces de l'ordre, accumulant les « erreurs de jeunesse » en un triste contraste avec la sérénité de sa musique. Son mariage, en 1946, ne vient hélas pas l'apaiser, malgré la naissance de ses enfants.

Le premier des Four Brothers

Il gagne pour la première fois la notoriété avec le morceau « Four Brothers », qu'il interprète pour l'orchestre de Woody Herman : le titre de ce standard devient également le sobriquet des quatre musiciens ayant interprété la version originale, à savoir Stan Getz, Herbie Steward, Serge Chaloff et Zoot Sims.

Mais il ne se contente pas de participer à des ensembles, si brillants soient-ils : membre de la troupe de Herman jusqu'en 1949, il demeure ensuite dans des positions de leader ou de co-leader pour presque toutes ses sessions d'enregistrement, si l'on excepte ses participations aux légendaires concerts Jazz at the Philharmonic organisés par le grand manitou du jazz, Norman Granz.

Dans les années 1950, Stan Getz voit sa réputation en tant qu'interprète de cool jazz se cimenter ; il fonde différents ensembles musicaux, d'abord un quatuor, qui emploie des artistes comme les guitaristes Jimmy Raney ou Johnny Smith, dont il contribue à lancer la carrière. L'adjonction, vers 1953, du tromboniste Bob Brookmeyer fait de son quatuor un quintet. Parmi les autres musiciens à avoir fait partie de son groupe, on notera le batteur Roy Haynes, le pianiste Al Haig ou le contrebassiste Tommy Potter.

Toxic Jazz

L'activité musicale de Stan Getz, qui transforme son quintet en sextet à l'occasion d'une collaboration avec Dizzy Gillespie (avec rien moins qu'Oscar Peterson au piano et Max Roach à la batterie) commence, dans la première moitié des années 1950, à tenir du stakhanovisme, tandis qu'il accumule les succès discographiques. Mais le saxophoniste demeure, par ailleurs, sujet à des tourments de nature toxique : si l'homme est généralement reconnu comme agréable et de bonne compagnie, il demeure malheureusement dépendant à diverses drogues.

En 1954, il est arrêté pour avoir tenté de dévaliser une pharmacie pour se procurer de la morphine : dans une scène dont ne voudrait pas le cinéma le plus fantaisiste, alors qu'il passe en jugement, sa femme accouche, venue assister au procès, accouche de leur troisième enfant à l'étage du dessous. Une fois libéré, Stan Getz, dont le mariage n'a pas résisté au mode de vie, décide de combattre ses addictions en se mettant au vert, c'est-à-dire en s'expatriant. En 1956, il s'installe au Danemark, où il épouse une Suédoise, ce qui ne l'empêche pas de vivre en même temps avec sa maîtresse (également Suédoise) : le résultat de cette course au jupon étant deux enfants d'un côté et un troisième de l'autre.

Ces soubresauts de sa vie privée ne signifient pas que l'exilé volontaire Stan Getz demeure inactif : bien au contraire, on le voit se produire aux côtés d'artistes européens (parmi lesquels le Français Martial Solal) et d'autres américains expatriés, comme Kenny Clarke.

Electric Bossa Nova

L'exil européen de Stan Getz dure jusqu'en 1960, date à laquelle il se remet au travail aux Etats-Unis, enregistrant avec la collaboration d'Eddie Sauter l'album Focus, qui compte parmi ses disques favoris. En 1962, son travail avec Charlie Byrd sur l'album Jazz Samba contribue largement à la découverte, par le public américain, de la bossa nova.

Stan Getz creuse le filon dans ses albums suivants, atteignant son plus grand succès avec l'album Getz/Gilberto, réalisé en collaboration avec João Gilberto (guitare, chant), Astrud Gilberto (chant) et Tom Jobim (chant, piano), qui rafle quatre Grammy Awards en 1965 : le morceau « The Girl from Ipanema » vaut en particulier à la fine équipe un Grammy Award dans la catégorie disque de l'année. Le succès discographique de Stan Getz et de ses acolytes, dont le disque est classé dans les hit-parades pop, fait de lui un homme assez fortuné, à une époque où tous les jazzmen ne roulent pas sur l'or.

Si la période bossa nova de Stan Getz est pour lui une véritable mine d'or, le filon se tarit assez brusquement, pour des raisons sottement vaudevillesques : Stan Getz a en effet eu une liaison avec Astrud Gilberto, épouse de João Gilberto. En toute logique, ce dernier ne souhaite pas poursuivre sa collaboration avec un collègue l'ayant fait cornu et Stan Getz doit renoncer aux rythmes latinos pour retourner à son registre jazz.

Ce retour aux sources n'est pas pour autant une régression, l'album Sweet Rain, réalisé avec Chick Corea, se révélant l'un de ses plus gros succès de ventes. Le début des années 70 est particulièrement riche pour lui, avec des albums très estimés comme Dynasty, Captain Marvel ou The Peacocks. Ne renonçant pas aux expérimentations, il tâte, au cours de la décennie, de la fusion et de l'«electric jazz» et fâche certains puristes, avant de les rassurer en revenant à des sonorités plus acoustiques au tournant des années 80.

La cinquantaine passée, Stan Getz, remis de ses abus divers et variés, est désormais « propre » et jouit pleinement de son statut de légende du jazz : généralement accompagné de son pianiste Kenny Barron, on le voit se produire avec Diane Schuur ou Chet Baker et multiplier les participations à des festivals en Amérique et en Europe.

En 1986, le magazine Jazz Down Beat l'inclut dans son « Hall of Fame ». Mais la santé de Stan Getz ne suit plus et apporte une fin prématurée à sa carrière : le 6 juin 1991, il meurt d'un cancer du foie, quelques mois après s'être produit à Copenhague, dans l'une de ses salles fétiches, le Café Montmartre.

Au-delà du folklore du jazzman maudit et tourmenté, Stan Getz laisse l'image d'un musicien au talent particulièrement varié, capable d'interprétations d'un grand classicisme comme de vibrantes audaces musicales. Artiste de pointe de la fusion entre musiques du monde et jazz, Stan Getz reste comme l'une des figures les plus innovantes du jazz.

Copyright 2014 Music Story Nikita Malliarakis

Né le 2 février 1927 à Philadelphie (Pennsylvanie, Etats-Unis), Stanley Gayetzky voit le jour dans une famille juive d'origine ukrainienne. Il grandit à New York, où il suit une scolarité assez brillante ; son intérêt se porte cependant déjà sur la musique. Après s'être fait la main sur une série d'instruments, il opte pour le saxophone, dont il commence, encore adolescent, la pratique intensive. A l'âge de quatorze ans, il intègre l'orchestre municipal des lycéens de New York, ce qui lui permet de recevoir des cours particuliers de musique.

Stanley finit par négliger sa scolarité pour tenter de commencer une carrière professionnelle, avant d'être ramené à l'école manu militari. C'est à l'âge de seize ans, en 1943, que le jeune homme, qui se fait désormais appeler Stan Getz, obtient un premier passeport pour les feux de la rampe : il intègre l'orchestre de Jack Teagarden, qui le soutient au point de le prendre pour pupille légal, afin de garantir la légalité de son engagement. Rapidement, le petit prodige new-yorkais joue du réseau de connaissances de Teagarden et multiplie les collaborations, jouant du saxophone aux côtés de Nat King Cole ou de Lionel Hampton. Il se produit dans les orchestres de Stan Kenton, Jimmy Dorsey, Benny Goodman et Woody Herman, interprétant avec ce dernier ses premiers solos.

A la fin des années 1940, Stan Getz s'oriente vers le cool jazz, cette forme adoucie du jazz, souvent interprétée par les musiciens blancs comme contrepoints aux rythmes agressifs du be-bop ; il est par ailleurs très influencé par le jeu suave et délicat de Lester Young. Si Stan Getz s'affirme très vite comme un musicien aussi génial que précoce, sa vie privée est déjà assez perturbée : consommateur de stupéfiants dès son adolescence, il collectionne les rencontres désagréables avec les représentants des forces de l'ordre, accumulant les « erreurs de jeunesse » en un triste contraste avec la sérénité de sa musique. Son mariage, en 1946, ne vient hélas pas l'apaiser, malgré la naissance de ses enfants.

Le premier des Four Brothers

Il gagne pour la première fois la notoriété avec le morceau « Four Brothers », qu'il interprète pour l'orchestre de Woody Herman : le titre de ce standard devient également le sobriquet des quatre musiciens ayant interprété la version originale, à savoir Stan Getz, Herbie Steward, Serge Chaloff et Zoot Sims.

Mais il ne se contente pas de participer à des ensembles, si brillants soient-ils : membre de la troupe de Herman jusqu'en 1949, il demeure ensuite dans des positions de leader ou de co-leader pour presque toutes ses sessions d'enregistrement, si l'on excepte ses participations aux légendaires concerts Jazz at the Philharmonic organisés par le grand manitou du jazz, Norman Granz.

Dans les années 1950, Stan Getz voit sa réputation en tant qu'interprète de cool jazz se cimenter ; il fonde différents ensembles musicaux, d'abord un quatuor, qui emploie des artistes comme les guitaristes Jimmy Raney ou Johnny Smith, dont il contribue à lancer la carrière. L'adjonction, vers 1953, du tromboniste Bob Brookmeyer fait de son quatuor un quintet. Parmi les autres musiciens à avoir fait partie de son groupe, on notera le batteur Roy Haynes, le pianiste Al Haig ou le contrebassiste Tommy Potter.

Toxic Jazz

L'activité musicale de Stan Getz, qui transforme son quintet en sextet à l'occasion d'une collaboration avec Dizzy Gillespie (avec rien moins qu'Oscar Peterson au piano et Max Roach à la batterie) commence, dans la première moitié des années 1950, à tenir du stakhanovisme, tandis qu'il accumule les succès discographiques. Mais le saxophoniste demeure, par ailleurs, sujet à des tourments de nature toxique : si l'homme est généralement reconnu comme agréable et de bonne compagnie, il demeure malheureusement dépendant à diverses drogues.

En 1954, il est arrêté pour avoir tenté de dévaliser une pharmacie pour se procurer de la morphine : dans une scène dont ne voudrait pas le cinéma le plus fantaisiste, alors qu'il passe en jugement, sa femme accouche, venue assister au procès, accouche de leur troisième enfant à l'étage du dessous. Une fois libéré, Stan Getz, dont le mariage n'a pas résisté au mode de vie, décide de combattre ses addictions en se mettant au vert, c'est-à-dire en s'expatriant. En 1956, il s'installe au Danemark, où il épouse une Suédoise, ce qui ne l'empêche pas de vivre en même temps avec sa maîtresse (également Suédoise) : le résultat de cette course au jupon étant deux enfants d'un côté et un troisième de l'autre.

Ces soubresauts de sa vie privée ne signifient pas que l'exilé volontaire Stan Getz demeure inactif : bien au contraire, on le voit se produire aux côtés d'artistes européens (parmi lesquels le Français Martial Solal) et d'autres américains expatriés, comme Kenny Clarke.

Electric Bossa Nova

L'exil européen de Stan Getz dure jusqu'en 1960, date à laquelle il se remet au travail aux Etats-Unis, enregistrant avec la collaboration d'Eddie Sauter l'album Focus, qui compte parmi ses disques favoris. En 1962, son travail avec Charlie Byrd sur l'album Jazz Samba contribue largement à la découverte, par le public américain, de la bossa nova.

Stan Getz creuse le filon dans ses albums suivants, atteignant son plus grand succès avec l'album Getz/Gilberto, réalisé en collaboration avec João Gilberto (guitare, chant), Astrud Gilberto (chant) et Tom Jobim (chant, piano), qui rafle quatre Grammy Awards en 1965 : le morceau « The Girl from Ipanema » vaut en particulier à la fine équipe un Grammy Award dans la catégorie disque de l'année. Le succès discographique de Stan Getz et de ses acolytes, dont le disque est classé dans les hit-parades pop, fait de lui un homme assez fortuné, à une époque où tous les jazzmen ne roulent pas sur l'or.

Si la période bossa nova de Stan Getz est pour lui une véritable mine d'or, le filon se tarit assez brusquement, pour des raisons sottement vaudevillesques : Stan Getz a en effet eu une liaison avec Astrud Gilberto, épouse de João Gilberto. En toute logique, ce dernier ne souhaite pas poursuivre sa collaboration avec un collègue l'ayant fait cornu et Stan Getz doit renoncer aux rythmes latinos pour retourner à son registre jazz.

Ce retour aux sources n'est pas pour autant une régression, l'album Sweet Rain, réalisé avec Chick Corea, se révélant l'un de ses plus gros succès de ventes. Le début des années 70 est particulièrement riche pour lui, avec des albums très estimés comme Dynasty, Captain Marvel ou The Peacocks. Ne renonçant pas aux expérimentations, il tâte, au cours de la décennie, de la fusion et de l'«electric jazz» et fâche certains puristes, avant de les rassurer en revenant à des sonorités plus acoustiques au tournant des années 80.

La cinquantaine passée, Stan Getz, remis de ses abus divers et variés, est désormais « propre » et jouit pleinement de son statut de légende du jazz : généralement accompagné de son pianiste Kenny Barron, on le voit se produire avec Diane Schuur ou Chet Baker et multiplier les participations à des festivals en Amérique et en Europe.

En 1986, le magazine Jazz Down Beat l'inclut dans son « Hall of Fame ». Mais la santé de Stan Getz ne suit plus et apporte une fin prématurée à sa carrière : le 6 juin 1991, il meurt d'un cancer du foie, quelques mois après s'être produit à Copenhague, dans l'une de ses salles fétiches, le Café Montmartre.

Au-delà du folklore du jazzman maudit et tourmenté, Stan Getz laisse l'image d'un musicien au talent particulièrement varié, capable d'interprétations d'un grand classicisme comme de vibrantes audaces musicales. Artiste de pointe de la fusion entre musiques du monde et jazz, Stan Getz reste comme l'une des figures les plus innovantes du jazz.

Copyright 2014 Music Story Nikita Malliarakis

Né le 2 février 1927 à Philadelphie (Pennsylvanie, Etats-Unis), Stanley Gayetzky voit le jour dans une famille juive d'origine ukrainienne. Il grandit à New York, où il suit une scolarité assez brillante ; son intérêt se porte cependant déjà sur la musique. Après s'être fait la main sur une série d'instruments, il opte pour le saxophone, dont il commence, encore adolescent, la pratique intensive. A l'âge de quatorze ans, il intègre l'orchestre municipal des lycéens de New York, ce qui lui permet de recevoir des cours particuliers de musique.

Stanley finit par négliger sa scolarité pour tenter de commencer une carrière professionnelle, avant d'être ramené à l'école manu militari. C'est à l'âge de seize ans, en 1943, que le jeune homme, qui se fait désormais appeler Stan Getz, obtient un premier passeport pour les feux de la rampe : il intègre l'orchestre de Jack Teagarden, qui le soutient au point de le prendre pour pupille légal, afin de garantir la légalité de son engagement. Rapidement, le petit prodige new-yorkais joue du réseau de connaissances de Teagarden et multiplie les collaborations, jouant du saxophone aux côtés de Nat King Cole ou de Lionel Hampton. Il se produit dans les orchestres de Stan Kenton, Jimmy Dorsey, Benny Goodman et Woody Herman, interprétant avec ce dernier ses premiers solos.

A la fin des années 1940, Stan Getz s'oriente vers le cool jazz, cette forme adoucie du jazz, souvent interprétée par les musiciens blancs comme contrepoints aux rythmes agressifs du be-bop ; il est par ailleurs très influencé par le jeu suave et délicat de Lester Young. Si Stan Getz s'affirme très vite comme un musicien aussi génial que précoce, sa vie privée est déjà assez perturbée : consommateur de stupéfiants dès son adolescence, il collectionne les rencontres désagréables avec les représentants des forces de l'ordre, accumulant les « erreurs de jeunesse » en un triste contraste avec la sérénité de sa musique. Son mariage, en 1946, ne vient hélas pas l'apaiser, malgré la naissance de ses enfants.

Le premier des Four Brothers

Il gagne pour la première fois la notoriété avec le morceau « Four Brothers », qu'il interprète pour l'orchestre de Woody Herman : le titre de ce standard devient également le sobriquet des quatre musiciens ayant interprété la version originale, à savoir Stan Getz, Herbie Steward, Serge Chaloff et Zoot Sims.

Mais il ne se contente pas de participer à des ensembles, si brillants soient-ils : membre de la troupe de Herman jusqu'en 1949, il demeure ensuite dans des positions de leader ou de co-leader pour presque toutes ses sessions d'enregistrement, si l'on excepte ses participations aux légendaires concerts Jazz at the Philharmonic organisés par le grand manitou du jazz, Norman Granz.

Dans les années 1950, Stan Getz voit sa réputation en tant qu'interprète de cool jazz se cimenter ; il fonde différents ensembles musicaux, d'abord un quatuor, qui emploie des artistes comme les guitaristes Jimmy Raney ou Johnny Smith, dont il contribue à lancer la carrière. L'adjonction, vers 1953, du tromboniste Bob Brookmeyer fait de son quatuor un quintet. Parmi les autres musiciens à avoir fait partie de son groupe, on notera le batteur Roy Haynes, le pianiste Al Haig ou le contrebassiste Tommy Potter.

Toxic Jazz

L'activité musicale de Stan Getz, qui transforme son quintet en sextet à l'occasion d'une collaboration avec Dizzy Gillespie (avec rien moins qu'Oscar Peterson au piano et Max Roach à la batterie) commence, dans la première moitié des années 1950, à tenir du stakhanovisme, tandis qu'il accumule les succès discographiques. Mais le saxophoniste demeure, par ailleurs, sujet à des tourments de nature toxique : si l'homme est généralement reconnu comme agréable et de bonne compagnie, il demeure malheureusement dépendant à diverses drogues.

En 1954, il est arrêté pour avoir tenté de dévaliser une pharmacie pour se procurer de la morphine : dans une scène dont ne voudrait pas le cinéma le plus fantaisiste, alors qu'il passe en jugement, sa femme accouche, venue assister au procès, accouche de leur troisième enfant à l'étage du dessous. Une fois libéré, Stan Getz, dont le mariage n'a pas résisté au mode de vie, décide de combattre ses addictions en se mettant au vert, c'est-à-dire en s'expatriant. En 1956, il s'installe au Danemark, où il épouse une Suédoise, ce qui ne l'empêche pas de vivre en même temps avec sa maîtresse (également Suédoise) : le résultat de cette course au jupon étant deux enfants d'un côté et un troisième de l'autre.

Ces soubresauts de sa vie privée ne signifient pas que l'exilé volontaire Stan Getz demeure inactif : bien au contraire, on le voit se produire aux côtés d'artistes européens (parmi lesquels le Français Martial Solal) et d'autres américains expatriés, comme Kenny Clarke.

Electric Bossa Nova

L'exil européen de Stan Getz dure jusqu'en 1960, date à laquelle il se remet au travail aux Etats-Unis, enregistrant avec la collaboration d'Eddie Sauter l'album Focus, qui compte parmi ses disques favoris. En 1962, son travail avec Charlie Byrd sur l'album Jazz Samba contribue largement à la découverte, par le public américain, de la bossa nova.

Stan Getz creuse le filon dans ses albums suivants, atteignant son plus grand succès avec l'album Getz/Gilberto, réalisé en collaboration avec João Gilberto (guitare, chant), Astrud Gilberto (chant) et Tom Jobim (chant, piano), qui rafle quatre Grammy Awards en 1965 : le morceau « The Girl from Ipanema » vaut en particulier à la fine équipe un Grammy Award dans la catégorie disque de l'année. Le succès discographique de Stan Getz et de ses acolytes, dont le disque est classé dans les hit-parades pop, fait de lui un homme assez fortuné, à une époque où tous les jazzmen ne roulent pas sur l'or.

Si la période bossa nova de Stan Getz est pour lui une véritable mine d'or, le filon se tarit assez brusquement, pour des raisons sottement vaudevillesques : Stan Getz a en effet eu une liaison avec Astrud Gilberto, épouse de João Gilberto. En toute logique, ce dernier ne souhaite pas poursuivre sa collaboration avec un collègue l'ayant fait cornu et Stan Getz doit renoncer aux rythmes latinos pour retourner à son registre jazz.

Ce retour aux sources n'est pas pour autant une régression, l'album Sweet Rain, réalisé avec Chick Corea, se révélant l'un de ses plus gros succès de ventes. Le début des années 70 est particulièrement riche pour lui, avec des albums très estimés comme Dynasty, Captain Marvel ou The Peacocks. Ne renonçant pas aux expérimentations, il tâte, au cours de la décennie, de la fusion et de l'«electric jazz» et fâche certains puristes, avant de les rassurer en revenant à des sonorités plus acoustiques au tournant des années 80.

La cinquantaine passée, Stan Getz, remis de ses abus divers et variés, est désormais « propre » et jouit pleinement de son statut de légende du jazz : généralement accompagné de son pianiste Kenny Barron, on le voit se produire avec Diane Schuur ou Chet Baker et multiplier les participations à des festivals en Amérique et en Europe.

En 1986, le magazine Jazz Down Beat l'inclut dans son « Hall of Fame ». Mais la santé de Stan Getz ne suit plus et apporte une fin prématurée à sa carrière : le 6 juin 1991, il meurt d'un cancer du foie, quelques mois après s'être produit à Copenhague, dans l'une de ses salles fétiches, le Café Montmartre.

Au-delà du folklore du jazzman maudit et tourmenté, Stan Getz laisse l'image d'un musicien au talent particulièrement varié, capable d'interprétations d'un grand classicisme comme de vibrantes audaces musicales. Artiste de pointe de la fusion entre musiques du monde et jazz, Stan Getz reste comme l'une des figures les plus innovantes du jazz.

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