Il peut être difficile de revenir à des films qu'on a adorés adolescent, à plus forte raison quand il s'agit d'histoires d'apprentissage qui ont accompagné son propre développement, de rites de passage qui ont reflété d'une manière ou d'une autre les siens propres. En fait, je suis souvent étonné de constater à quel point, au-delà de leurs qualités cinématographiques intrinsèques, j'ai relativement peu de distance avec eux et que le temps s'abolit quelque peu le temps d'un film.
C'est particulièrement le cas de Stand By Me, vu à sa sortie en 1986 et chéri dans les années qui ont suivi. Je le revois aujourd'hui, à la faveur de son passage en HD, avec un plaisir renouvelé. Non pas que je trouve que c'est un film génial ou supérieurement réussi, mais il passe très bien l'épreuve du temps, me semble-t-il, que je le considère subjectivement ou, autant qu'il est possible, plus objectivement. En tout cas, ce qui est certain, c'est que ce film, comme d'autres, fait aujourd'hui l'objet d'une nostalgie qui est d'autant plus forte qu'elle se nourrit de celle du récit, de l'écrivain et du metteur en scène, pour la fin des années 50.
Comme le film est très connu, je ne vais pas en dire grand-chose, et renvoie au synopsis ci-dessus et aux commentaires sur les éditions dvd précédentes ceux qui ne le connaîtraient pas. Notons néanmoins quelques petites choses:
1) le film est tiré de la nouvelle "The Body" / "Le Corps" du recueil
Différentes saisons de Stephen King, qui quittait là les rives du fantastique et de l'horreur pour une histoire de garçons qui certes sont confrontés à la mort, mais de façon plus "naturelle"
2) Rob Reiner émergeait alors comme un réalisateur sensible et intéressant au sein d'un cinéma américain de plus en plus formaté, ce qu'il a confirmé pendant quelques années (le formidable
Princess Bride,
Misery, lui aussi adapté de Stephen King) avant que son talent ne se dilue dans l'industrie comme celui de beaucoup d'autres
3) Reiner a eu la main particulièrement heureuse en choisissant ses quatre enfants acteurs, en particulier Wil Wheaton et River Phoenix. Bien sûr, les amateurs de Joe Dante avaient déjà repéré et aimé Phoenix dans
Explorers, mais c'est bien ce film-là qui l'a révélé et a propulsé sa carrière, malheureusement météorique. Rappelons qu'en dehors de ce film-là et de son court rôle dans le 3ème Indiana Jones, Phoenix a excellé dans le très émouvant film de Sidney Lumet,
Running On Empty /
A bout de course et dans
My Own Private Idaho de Gus Van Sant
EDITION BLU-RAY (dite du 25ème anniversaire)
Le Master HD est d'une qualité assez exceptionnelle. La définition est excellente sans pour autant trop aplanir l'image. La photo, souvent légèrement diffusée, est parfaitement restituée et les couleurs ressortent idéalement. Voilà un film qui a 25 ans d'âge et dont le passage en HD arrive à le mettre en valeur sans en altérer la nature. VO, VOSTF, VF (et bien d'autres langues en sous-titres, dont l'anglais), le choix étant donné entre le son mono d'origine en VO et une piste 5.1 DTS-HD, en VO comme en VF, parfaitement équilibrée.
Bonus modérément intéressants en ce qui me concerne, mais qui risquent de plaire aux fans du film, d'autant que la façon dont Reiner a réussi à tirer des prestations de ses acteurs dans des scènes-clés est parfois éclairée:
- entretiens (36') avec les participants du film, essentiellement Reiner et ses acteurs (dont Richard Dreyfuss en plus des trois jeunes acteurs, sans Phoenix évidemment)
- commentaire audio de Rob Reiner (sous-titré)
- commentaire de Rob Reiner en compagnie de Wil Wheaton et Corey Feldman, réunis pour l'occasion
- clip vidéo de la chanson "Stand By Me"
- films annonces
Au total, une très belle édition, qui brille surtout par le master HD qui présente le film dans des conditions optimales.