Voilà bien un album que j'attendais avec impatience !
J'avais adoré les deux premiers albums de Turisas. Sur ce troisième opus, Mathias Nygard, chanteur et leader du groupe a encore fait un boulot fabuleux de composition. Les dieux scandinaves ont dû se pencher au dessus de son berceau à sa naissance, je ne vois pas d'autre explication.
Dès le premier titre, c'est la grosse claque. Superbe mélodie, des choeurs impressionnants de puissance... et une orchestration phénoménale. D'ailleurs, ce qui saute aux oreilles en premier lieu, ce sont ces arrangements orchestraux. Les titres sont encore plus épiques qu'avant (ce qui n'est pas peu dire car ceux qui connaissent le groupe savent que c'était déjà assez épique). On a parfois l'impression d'écouter la BO d'un film. Sur "Venetoi, prasinoi", on se croirait carrément dans un péplum (et c'est voulu): des cuivres partout !
Mathias alterne toujours plusieurs types de chants même s'il laisse de plus en plus son chant clair s'exprimer.
Mais ce nouvel album va peut-être en dérouter quelques uns. Turisas sait toujours nous pondre des morceaux bien festifs comme ce "Hunting pirates" avec violon et accordéon en avant. Mais c'est vrai que ce type de morceau est moins présent sur ce nouvel opus. Ces instruments sont un peu relégués au second plan, au dépend des orchestrations. On s'éloigne donc du "Battle Metal" des débuts pour une musique de plus en plus symphonique. Certains risquent de ne pas y retrouver leurs petits. D'autres (comme moi) apprécieront car Turisas propose toujours des compos de qualité. Evidemment, si on est réfractaire au Metal symphonique, ça va coincer. Par contre, le groupe va peut-être conquérir de nouveaux fans avec une telle démarche.
L'édition limitée est indispensable. Elle est présentée dans un superbe digibook avec couverture en imitation cuir et contient un second CD. Celui-ci nous propose deux reprises : "Broadsword" de Jethro Tull et "Supernaut" de Black Sabbath, cette dernière arrangée façon Turisas (avec des "Laï Laï Laï" sur le riff de guitare). Et puis on a droit à 3 titres acoustiques en version vidéo. Il est amusant de voir le groupe sans maquillage et en tenues normales (c'est à dire très éloignées de leurs tenues de scène). Les titres (deux de cet album et "To holmgard and beyond" de
The Varangian Way) sont interprétées dans des versions bien sympathiques dans lesquelles le violon retrouve un rôle prépondérant.