L'entame démarre sur un blues/rock avec une guitare en avant, couplée avec son phrasé impeccable, ceci bien soutenu par une batterie groovy, des claviers efficaces & une basse solide. Cet intro rythmée, évoque la problématique de la conduite à tenir, pour un homme en présence d'une femme, vaste & long programme n'est-il pas ?!
La suite est encore plus enlevée, avec un clavier plus présent qui déroule les notes en les claquant, ce qui a pour effet de donner un ton boogie. Last Encore, a pour thématique, les adieux définitifs entre 2 personnes... un dernier bis en somme, comme le suggère tout naturellement le titre.
Arrive, Don't start crying, un slow/blues concernant l'amour difficile dans un couple, qui illustre bien la polyalence de l'artiste avec un solo de guitare toujours acéré.
Un des 2 titres non écrits par le bluesman de Louisiane, Drifter, (vagabond en français), est une reprise sur un mid tempo de Clarence Gatemouth Brown qui parle du vagabondage ; un vieux thème - jamais éculé - dans le blues...
Sur le funk/blues qui suit, PMS , transparaît l'humour scriptural du songwriter, avec un orgue très en avant cette fois-ci qui accentue les propos de l'auteur. Sujet qui parle de sa compagne en disant à son endroit, qu'elle les a une fois par mois.... pour son plus grand "blues", parfaitement compréhensible non ?
Puis, arrive l'inévitable ballade du Sieur Garner avec Strangers Blues qui évoque une rencontre avec un étranger vécue en direct par l'auteur lui-même en personne dans un bar : l'histoire véridique d'un étranger assis à côté de lui qui dénonce les douleurs qu'il avait vécues dans sa vie. Les backings vocaux accentuent à bon escient ses dires sur le refrain, en apportant, de plus, une belle touche vocale !
Ensuite, Keep The Money , démarre sur un clavier qui plaque les notes, puis l'harmonica vient s'y coller, couplé avec des riffs de guitare accolés à une voix qui hausse le ton. Ce blues/rock évoque sur un ton ironique (d'où le titre, "Garde la monnaie !"), l'argent prêté à un ami qui ne le rend pas. Encore du vécu pour Mister Larry ? En tout cas, cela évoque la grande difficulté (parfois), de se faire rembourser par ledit "ami" ce qu'il doit.
L'autre titre non écrit par le natif de Bâton Rouge, Cold Chills au tempo médian, est une de ses favorites scéniques, elle est d'ailleurs présente sur sa dernière livraison Here Today Gone Tomrorrow. Ecrite par Henry Gray , le fameux pianiste originaire de Louisiane, elle possède ici un beau solo de piano au milieu qui amène une légère touche un peu plus boogie à la couleur dudit opus.
Do your personal thing sur un beat reggae avec des choeurs très présents, conseille à chaque auditeur d'essayer des choses personelles, mais toutefois sans gêner autrui. Notre liberté s'arrête où commence celle de l'autre en somme.
L'antépénultième pièce, I'll run cross you sur un rythme lancinant judicieux, est la plus spirituelle de l'ensemble en évoquant la croyance de chacun ???...
Le pénultième morceau s'effectue avec un second énergique shuffle bienvenu, Out In The Country, qui narre un déménagement afin de fuir la criminalité du pays mais pour finalement s'apercevoir que ce n'est guère mieux ailleurs.
Au final ? Un album élégantissime à la belle écriture d'un des poètes du blues contemporain avec Mighty Mo Rogers dans un autre registre (plus soul). Toutes les pièces musicales du Sieur Garner sont des saynètes (vécues en direct ou pas par l'auteur), qui jalonnent la vie de tout un chacun.
Bref, pour résumer, comme le suggère subliminalement la pochette, vous pouvez acquérir cet excellent disque les yeux fermés, en ayant par la suite les oreilles grandes ouvertes... pour votre plus grand plaisir auditif. Merci Brother Larry !
A classer donc, entre les non moins remarquables que sont Too Blues ou bien Here Today Gone Tomrorrow !!