Vous estimez que "Le baiser du tueur" (1955) est le seul film optimiste de Kubrick. Que "L' ultime razzia" (1956) est un film de gangsters comme on ne sait plus en faire. Que "Les sentiers de la gloire" (1957) est un chef d' œuvre, mais depuis que vous avez vu "Les hommes contre" (1970) de Francesco Rosi, vous considérez la vision de Kubrick bien naïve. Que "Spartacus" (1960) est une œuvre de Kirk Douglas où Kubrick n' a été qu' un exécutant. Vous pensez que "Lolita" (1962) est un sujet pour pervers pépère. Que vous n' avez aucun avis sur "Docteur Folamour" (1964), mais par contre, "2001 : l' odyssée de l' espace" (1968) subjuge par ses images même si vous ne comprenez absolument rien à ce que Kubrick veut dire. Que "Orange mécanique" (1971) est aussi vide et caricatural qu' une tarantinnade. Vous adorez "Barry Lyndon" (1975) juste pour les apparitions de Marisa Berenson. Vous avez, de nouveau, aucun avis sur "Shining" (1979), à part de se demander : Pourquoi ? Que "Full Metal Jacket" (1987) vient trop tard. Que le prétexte de "Eyes Wide Shut" (1999) est tellement mince, que ce n' est pas la brillance d' une mise en scène qui fait un film. Et bien peut-être que ce livre d' une centaine de pages, richement illustré de photos, vous fera changer d' opinion.
Paul Duncan a écrit un texte bref, mais très intéressant et argumenté, qui nous montre un Kubrick attachant et pas comme un génie inaccessible. On y trouve aussi des citations du cinéaste, dont celle-ci à méditer : "Quand un film a de la substance ou de la subtilité, on ne peut jamais en parler de manière complète. C' est souvent à côté de la plaque et forcément simpliste. LA VÉRITÉ A TROP DE FACETTES POUR SE RÉSUMER EN CINQ LIGNES. Généralement, si le travail est bon, rien de ce qu' on en dit n' est pertinent".
D' après ses fanatiques, si on n' est pas en adoration devant l' œuvre de Kubrick, on est aveugle. On peut changer ses avis, même si votre préférence va aux borgnes : John Ford, Fritz Lang, Raoul Walsh et André de Toth.