Les 4 étoiles portent sur cette édition précise, et non sur le contenu de l'album, qui en mérite au moins 5.
EMI n'a pas mis les petits plats dans les grands pour cette réédition de Ziggy Stardust comme avec l'énorme coffret Station to Station. Il est vrai qu'après une édition "30° anniversaire" (2002) suivant de près la série de rééditions des albums 1969-1989 (1999), et elle-même suivie par la réédition (2003) en SACD hybride de la réédition de 1999, le public risque d'allonger moins facilement la monnaie.
On a donc découpé l'offre en deux segments : d'un côté un CD avec une présentation minimaliste reprenant l'album original et rien d'autre, de l'autre ce vinyle + DVD-Audio, dont le positionnement haut de gamme ne crève pas les yeux.
Le DVD contient :
- un nouveau master stéréo en haute résolution (96/24)
- les mix stéréo et multicanal du SACD de 2003 sous trois formats: stéréo 48/24, multicanal DTS et multicanal Dolby Digital.
Curieusement, je ne reconnais pas vraiment le mix de 2003 : sur ce DVD, on y entend la voix très en avant des instruments, comme sur le LP d'origine, ce qui n'était pas le cas sur le SACD. Je n'ai pas d'explication à cette bizarrerie.
Rappelons toutefois que ce type de mixage, courant en variété jusque dans les années 1970, devait faciliter le suivi de la ligne mélodique principale et la compréhension des paroles lors des passages à la radio et de l'écoute domestique du disque, la plupart du public utilisant des postes de radio et des électrophones peu résolvants et vite dépassés par un signal chargé. Il est étrange de retrouver cela sur un support haute résolution. C'est une question de goût, personnellement je ne marche pas du tout : il n'y a pas d'interaction entre la voix et les instruments, on dirait que le chanteur fait du karaoké. Quel que soit le niveau, le problème d'échelle est le même : les instruments sont tout petits en comparaison et très éloignés. Je n'ai jamais la sensation de me baigner dans la musique, l'expérience d'écoute reste distanciée, peu implicante, peu jouissive. Par ailleurs, je trouve que cela minore l'inventivité sonore qui est une des merveilles de ce disque.
Je préfère largement le SACD de 2003.
Les trois bonus sont présentés dans les mix multicanal et stéréo de 2003 (ces mixages étaient inédits jusqu'à présent). Il s'agit de The Supermen, Velvet Goldmine et Sweet Head. Aucun inédit, donc, en dehors d'une version instrumentale de Moonage Daydream. Tout ceci était déjà présent dans les rééditions Ryko/EMI de 1990-1991 (The Supermen était sur Hunky Dory). D'ailleurs, on aurait pu espérer Round and Round et les deux premières versions de John, I'm Only Dancing, voire les démos de Lady Stardust et Ziggy Stardust.
Bref : si vous n'avez pas encore ce disque séminal, vous pouvez acheter cette réédition sans hésiter : vous pourrez vous faire plaisir avec le vinyle et le mix 2012 en haute résolution. Si vous avez le SACD de 2003, je pense que vous pouvez vous en contenter.