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4.0 étoiles sur 5
Occultisme, drogues et... remise en question, 29 mai 2007
Si l'on s'en tient à la sacro-sainte Légende du Rock, "Station To Station" est l'album de Bowie enregistré et sorti dans sa période noire. Non, là, je ne parle pas de sa période "black", "soul", celle en l'occurrence de "Young Americans" un an plus tôt, quoiqu'il en reste quelques fragments et plutôt de très bonne facture ("Golden Years") ! je parle bien évidemment ici de la période dépressive du chanteur, alors reclus dans sa villa de Bel Air à Los Angeles, seul avec ses millions de vidéos, accro à la cocaïne, au lait "light" et aux poivrons. Il est émacié, diaphane comme jamais, et son humour semble s'être évaporé dans le désert mexicain où il vient d'achever le tournage d'un film où il campe - on ne s'en étonnera guère - un homme tombé sur la terre, un extra-terrestre, en gros ! Sa curiosité grandissante envers l'occultisme (cf. les paroles de la chanson-titre de l'album) et, il faut bien l'avouer, euh... le fascisme ainsi que le nazisme, n'étaient sans doute pas pour arranger les choses !! Il le paiera dans la presse anglaise lors de son retour en mai 1976, pour une série de concerts, les premiers sur le sol européen depuis près de 3 ans, accusé (à tort ?) d'avoir salué ses fans à la gare de Londres le bras dans une position pour le moins équivoque. Bowie vogue vers ses 30 ans et il se sent mal... et ça se voit. La trilogie européenne - ou berlinoise - n'est heureusement plus qu'à quelques semaines de son commencement.
L'album démarre sur "Station To Station" (réel problème de traduction en français : parle-t-on de gares, de stations de métro, de stations d'un chemin de croix ?) qui reste à ce jour le morceau le plus long de la carrière de Bowie - plus de 10 minutes - avec sa longue et pénétrante intro "industrielle", toute de grincements, de bruits lointains d'usine en survoltage, de gare en effervescence, justement, comme le départ imminent vers une Europe où le son de Kraftwerk fait des émules ; son piano minimaliste et dérangeant, puis enfin la voix de Bowie où il entre dans la peau d'un nouveau personnage, loin du "soul boy" rouquin de Philadelphie, gestapoïde saisissant de froideur : le "THIN WHITE DUKE" (le Mince Duc Blanc)... Le "Duke" l'énonce d'ailleurs lui-même clairement : "le canon européen est là !". Adieu bientôt Bel Air et les millions de vidéos !
"Station To Station" figure parmi les 20 meilleures chansons de Bowie, sans polémique aucune ! "Golden Years" est l'hybride parfait entre "Young Americans" et cet album-ci, morceau funky à souhait, au riff inoxydable, que Presley aurait dû enregistrer avant de mourir, bien que ces années-là ne furent pas si "golden" pour lui, justement...
"Stay" et "TVC15" sont tous deux d'excellents titres, le premier bénéficiant d'une superbe intro, efficace au possible, se métamorphosant ensuite en une sorte de "croisière" semblant "ne plus trop s'amuser", le deuxième la boîte à musique idéale, l'écrin rêvé qui permet à notre duc de verser son chant comme il s'en est toujours délecté.
J'émettrai une réserve toutefois quant aux deux seules ballades de l'album (6 pièces seulement) : "Word On A Wing" et "Wild Is The Wind". Bowie y chante, voire y surchante très bien. On entend qu'il s'est forgé une belle voix de crooner en dépit de sa forte consommation de cocaïne du moment, mais à mon goût ce style devient vite lassant. De là à comparer Bowie à Julio Iglesias... Après c'est à chacun de se faire son opinion, pour ma part je préfère nettement le Bowie romantique de l'album précédent.
"Station To Station" est un album incontournable dans l'oeuvre immense et foisonnante de mister Jones, il devrait bénéficier d'une édition anniversaire-en-retard l'année prochaine (2008) mais ne pas s'attendre à beaucoup de surprises, hormis des choses déjà connues comme "It's So Hard To Be A Saint..." et quelques morceaux live... Un DVD bonus ? Le Dinah Shore Show où l'on voit Bowie faire du karaté ? Le Russel Harty Show où Bowie semble hagard et peu plaisantin comme jamais ? Pourquoi ne pas fantasmer sur un concert entier de 1976 pendant qu'on y est ? Euh... un mix en 5.1 sinon, ça intéresse encore quelqu'un ?...
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Je reviens sur le commentaire ci-dessus quelques années plus tard. La réédition a bien eu lieu, en 2010. Et franchement, c'est probablement la meilleure réédition d'un album de Bowie depuis longtemps ! Le concert inédit a bien été inclus, par contre pas d'inédit côté chansons, et c'est toujours un peu dommage. La célèbre interview de Russel Harty vaut son pesant de pépites, mais en dehors de problèmes de droits, Bowie redevenu Jones ne souhaite sans doute pas qu'on le revoie ainsi, dans une période aussi trouble.
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5 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
SIMPLEMENT UNE MERVEILLE, 25 août 2003
Il s'agit d'une des plus belles réalisations du sieur Bowie.
Mélangeant avec bonheur le rock et la dance, l'auditeur va de surprises en surprises : sur le titre éponyme, une guitare saturée (le guitariste Earl Slick) ouvre le bal, puis le morceau se transforme peu à peu en funf brulant. Sans oublier bien sur les magnifiques "Wild is the wind" et "Stay". A l'écoute de ce énième chef d'oeuvre, Bowie innove réèllement, comme d'habitude en avance sur son temps. Donc, un conseil, n'hésitez pas : foncez, surtout à ce prix là !
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2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5
Périmé !!!, 12 octobre 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Station To Station (CD)
Je profite des deux (superbes) éditions 2010 de ce magnifique album, pièce maîtresse dans l'oeuvre de Bowie, pour indiquer que ce remastering (remixage ?) datant de 1991 est selon moi à éviter absolument, pour des raisons essentiellement ACOUSTIQUES. L'album studio ne respecte absolument pas le mastering original (qui était excellent, même si les pressages d'époque eux-mêmes n'étaient pas tous irréprochables), et je trouve personnellement que le CD de 1985 est encore préférable aux élucubrations de 1991 du "Dr Toby Mountain"... Quant aux deux titres live extraits du concert de 76 au Nassau Coliseum, leur sonorité est totalement décevante, avec notamment une insuffisance rédhibitoire des graves, qu'aucune égalisation ni correction physiologique ne sauraient compenser de manière satisfaisante. Non, franchement, si vous avez le bon goût de vous intéresser à ce disque génial d'un artiste majeur, ayez aussi, par la même occasion, celui de choisir l'un des deux coffrets parus en 2010, qui proposent, eux, le meilleur transfert possible réalisé à partir du master analogique original de 1976 !
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