Après un premier album qu'on ne présente plus (avec les tubesques "Take On Me", "Hunting High and Low" et "The Sun Always Shines on TV") et un deuxième plus sombre et mature (l'excellent "Scoundrel Days"), les trois Norvégiens de A-ha ont sorti ce "Stay On These Roads" inégal qui a probablement sa part de responsabilité quant à l'image de boys band pour midinettes dont le groupe a longtemps souffert. Ce troisième essai possède un son bien plus lisse et aseptisé que son prédecesseur et contient quelques chansons vraiment pas indispensables... pour ne pas dire embarrassantes.
Attention, tout n'est pas à jeter non plus. La chanson titre est belle (le groupe la jouera jusqu'à la toute fin de sa tournée d'adieu), il y a aussi "The Living Daylights", le fameux titre de la BO du James Bond "Tuer n'est pas jouer"... sauf qu'ici, les arrangements rendent moins bien que sur la version originale, mais bon, la chanson reste une réussite. Le morceau "Out Of Blue Comes Green" (assez méconnu) est assez intéressant et nous permet de savourer la prestation intense d'un Morten Harket toujours doté d'une voix magnifique. Donc oui, ce disque est pourvu de qualités, c'est certain. Mais à côté de ça, on doit subir des "hits" très sucrés et kitsch comme "Touchy" ou "You Are The One" qui font grincer des dents... Ces chansons ayant été choisies comme singles à l'époque (servies par des clips assez ridicules jouant uniquement sur les belles gueules de ces messieurs), on ne s'étonnera alors pas que la carrière de A-ha ait connue un sacré revers par chez nous au début des années 90.
"Stay On These Roads" est, dans son ensemble, un album trop poli (du verbe polir) et gentillet. Il reste, à mes yeux, l'un des disques les moins réussis du groupe. Il peut charmer tout autant qu'il peut agacer en fonction des pistes sur lesquelles vous vous penchez. Bien inférieur à "Scoundrel Days", servi par une production et des choix marketing discutables, il torpilla (en partie, il ne faut pas exagérer) la carrière d'un groupe qui valait mieux que cela. Bien heureusement, A-ha redressera le tir avec l'album suivant, le nettement plus réussi "East Of The Sun, West Of The Moon". Cependant, le mal aura quand même été fait... et le trio aura désormais des difficultés à se faire prendre au sérieux (malgré des tentatives plus que louables) par toute une frange de mélomanes peu encline à creuser leur discographie, pourtant plus intéressante qu'elle n'y paraît.