Cinématographiquement parlant, c'est un film très moyen. A part le couple clé, pilier de l'intrigue, les acteurs jouent plutôt mal. Les effets d'orage, de couloirs sombres, de sanglots dans la nuit, de portes qui s'entrouvrent et se referment silencieusement, sont non seulement des clichés archi-rabâchés, mais la Hammer a fait vingt fois mieux en son temps ...
Non, ce n'est certes pas au niveau de la technique cinématographique que "The Stepford wives" peut présenter un quelconque intérêt.
Ceci dit, le sujet du film est très original et débouche (peut déboucher pour ceux que cela intéresse) sur une mise en questionnement de notre société : pour être heureux en ménage, pour élever sainement et correctement ses enfants, pour se préserver du stress et se rapprocher d'un mode vie plus naturel, quel modèle doit-on choisir entre les deux présentés (de façon beaucoup trop caricaturale, à mon avis) dans ce film :
1°/ La femme moderne, indépendante, émancipée, revendiquant ses droits à vivre comme les hommes, à accéder aux mêmes postes que les hommes, à vivre "comme elle le veut et comme elle l'entend".
2°/ La femme au foyer, archétype de l'épouse et de la mère de famille d'autrefois, estimant que le premier devoir d'une femme est de faire pour sa famille un foyer confortable et heureux, un nid douillet pour accueillir son mari quand il rentre fatigué du travail, de collectionner les recettes de cuisine, de connaître et d'utiliser le dernier produit à reluire présenté à la télé, de briquer sa cuisine comme une ménagère hollandaise et de nouer par dessus sa robe un immense tablier rétro.
Loin de persévérer dans l'analyse psychologique et sociologique, toutefois (analyse qui pourrait être particulièrement intéressante en ces temps de crise), le film de Bryan Forbes joue à fond la carte de l'horreur/S.F. : la charmante, somnolente et atrocement bourgeoise petite ville de Stepford est sous la coupe d'une association secrète de mâles machos qui, par des techniques de sophrologie, d'hypnose et de lavages de cerveau, crée des humanoïdes dépersonnalisés et transforme les femmes en robots ménagers et esclaves sexuels.
Intéressant, oui.
Un "film culte"? Absolument pas, à mon avis.