3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile
3.0 étoiles sur 5
Thé, petit biscuits... et somnolence, 2 mai 2008
Voici un disque de musique de piano consacré exclusivement aux compositeurs anglais. Le climat général qui se dégage de cet album est celle que l'on peut ressentir dans un salon d'hôtel de bord de mer, dans une station balnéaire un peu défraîchie où les séniors viennent dépenser leur retraite. Car enfin, ce qui se dégage de l'album est tout d'abord une somnolence générale. Le talent pianistique de Stephen Hough n'est nullement en cause car c'est un artiste brillant, familier des partitions les plus ardues, mais il faut avouer que les partitions retenues sont assez insignifiantes. Plus le disque avance sur la platine et plus la somnolence engourdit les oreilles.
La première pièce est une bagatelle d'Alan Rawsthorm, assez intéressante avec ses reflets atonaux qui lui donne un air de modernité.
Stephen Reynold est repris à quatre reprises dans le disque dans des pièces agréables. Dans l'hommage à Délius, la "rustic idyll" est très aérienne et offre des tonalités orientales intéressantes. La "serenade and dance of Spring" est très fraiche et légère dans une mélodie assez répétitive mais efficace. Dans l'hommage à Fauré, la "chanson d'automne" offre une rengaine agréable reflétant bien l'esprit de la saison avec son rythme ample. L'impromptu "Le Printemps" ne déçoit pas dans son rythme rapide et primesautier.
Le pianiste Stephen Hough offre à l'auditeur deux morceaux de sa composition, des valses énigmatiques, de très classique facture qui n'apporteront rien à l'histoire du piano mais sont assez rafraîchissantes dans une ambiance très belle époque.
Le "In Smyrna" de Elgar est mélancolique sans tristesse.
La fin du disque est hélas moins folichonne quoique l'on n'ait pas été jusqu'ici pris par l'envie de gambader en écoutant ces quelques pièces. Les pièces de Granville Bantock et York Bowen peuvent facilement s'oublier et donnent l'impression que l'on fait du remplissage sur le disque. Là, c'est le somnifère.
Les deux courtes pièces de Franck Bridge "The DewFairy" et Heart's Ease" ne réveilleront pas la torpeur mais relèvent le niveau et apportent un peu d'air frais. Le disque se termine par six suites de Kenneth Leighton qui, de mon point de vue viennent bizarrement dans ce programme et dont la seule suite N°5 me semble intéressante.
Bref, un disque soit pour les fans de l'interprète, soit en musique de fond pour la vieille tante de Brighton avec laquelle on est allé faire une promenade sur le front de mer, et que l'on invite pour un "tea".
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui
Non