Un des meilleurs enregistrement public des 70's. Pourquoi ? Parce que déjà il fait office de Best Of de l'âge d'or d'un groupe majeur de la fin des 60's (4 albums de qualité de 68 à 69, tous classés dans les charts US), un groupe au textes contestataires et vindicatifs (Monster), et à la musique innovante (pour l'époque), souvent plagiée, et créateurs d'hymnes intemporels souvent repris (« Born to be wild », bien sûr, mais aussi dans une moindre mesure, « Magic Carpet Ride », « Don't step on the Grass SamGreen », « The Pusher »). Mais aussi parce que les titres sont ici transcendés, non pas par des exercices techniques ou des improvisations débridées, mais par un son qui prend en live toute son ampleur. Loin des grosses disto. ou fuzz, le groupe n'en dégage pas moins une impression de puissance. Aussi parce que les interprétations sont remarquables, et malgré quelques dératés (ambiance live oblige) font preuve d'une maîtrise pas toujours évidente chez les groupes de rock (surtout aujourd'hui...).
Ce qui frappe d'entrée, c'est la voix impérieuse et menaçante de John Kay ; assez grave, maîtrisée, au rythme lancinant un peu comme Jim Morisson ou Iggy, (avec un timbre plus éraillé et un ton semblant tantôt chargé de dépit, tantôt désabusé, tantôt de colère contenue). On peut rajouter que Kay se débrouille plutôt bien à l'harmonica et à la guitare rythmique. Ensuite, il y a cette basse (Rickenbaker), très présente, plus percutante que lourde (quoique), imposant bien plus la rythmique que les claviers ou la guitare. Et puis il y a ce jeu particulier des deux guitares tissant une singulière toile sonore de Country, Country-blues, Blues (celui du Wolf et de Muddy), Rock, Hard-rock (US, dont ils furent l'un des précurseurs), dénuée d'effet, si ce n'est l'apparition sporadique d'une talk-box (!), ou d'une slide, rugueuse. Le son est cru, brut.
Par contre, la batterie qui pourtant cogne durement et sèchement, déborde d'énergie, paraît légèrement « sous produite ». Tandis que les claviers (orgues), bien que partie intégrante du groupe, sont parfois couverts par les autres instruments (peut-être volontairement pour rehausser la rudesse de l'orchestration).
A l'époque son succès et son aura fut tel qu'il éclipsa la discographie studio du groupe (qui n'avait pas au moins un enregistrement sur K7 de ce live emblématique ? Assurément très peu).
Un album indispensable pour tout amateur de double live et/ou d'Heavy-rock 70's.