Hein ? Quoi ? Je suis le premier à écrire sur ce disque de l'ami et regretté SRV ? On ne présente plus le personnage, guitariste devenu "culte" pour cause de crash en hélico en 1990 (Clapton, Cray et Buddy Guy avaient pris celui qui décollait 10 minutes après...) et qui a remis au goût du jour les guitar héros flambloyants, croisant les origines blues pures et dures, et le son d'Hendrix. Le monsieur est un virtuose. Accompagné de son groupe, "The Double Trouble" il est ici enregistré au festival jazz de Montreux en 1985. Le set commence avec un instrumental, puis un blues lent, puis un boogie... n'en jetez plus ! Cela commence presque trop fort, compte tenu que la fin du disque est moins passionnante. Une reprise de Stevie Wonder ("Superstition") et de Hendrix ("Voodoo Child") plus tard, le frangin monte sur scène pour prêter main forte à Stevie Ray, qui nous balance son classique "Texas flood" avec toujours autant de rage, de sueur, et de désespoir : "all the telephone line are down". C'est ça le blues, quand on se sent seul, qu'on ne peut plus parler à personne, il ne reste plus que sa guitare pour chialer. Il savait y faire. Un peu trop parfois. Le bonhomme n'était pas contre l'esbrouffe de temps à autre... genre, moi aussi je sais jouer avec les dents comme Jimi... Comme je le disais, la fin laisse légèrement sur sa faim, on aurait aimé un feu d'artifice final, il n'a pas lieu. D'autant que cette version CD est coupée par rapport au vinyle, lui-même se terminant en fondu au milieu du dernier morceau...
Beaucoup d'albums live de Stevie Ray Vaughan sont sortis, posthumes, je crois savoir que certains sont plus pêchus que celui-là ("LIVE AT CARNEGIE HALL"), live officiel, regorgeant de classiques, de solos, de parties de clavier bien groove, de voix déchirée, mais, finalement, exécuté assez sagement. A conseiller aussi IN SESSION avec Albert King, splendide leçon de blues, et la réedition de ses albums studios, agrémentés de titres live inédits.
Stevie Ray Vaughan était un immense musicien, aimé et respecté de tous. Un "tribute to..." existe, réunissant la fine fleur des bluesmens sous la houlette de son frère. Un disque d'amis, de collègues, tristes, et jouent à sa mémoire. Un beau disque. La vie de SVR a été pourrie par la dope. Pas sûr que cet homme là fût très heureux. Il nous a quitté à 35 ans. Heureusement que la musique, elle, reste...