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Stories From The City, Stories From The Sea s'inscrit moins comme un album de rupture que comme celui d'une continuité logique. Il a fallu plus d'un an passé à New York pour que PJ Harvey ressource son songwriting au feu des lumières de la ville, brisant par la même occasion la routine d'une vie partagée entre la route et sa ferme du Dorset. Ce qui d'emblée frappe, c'est la voix qui a gagné en maturité ce que la musique est loin d'avoir perdu en énergie. Car PJ reste fidèle à l'électricité du rock et "A Place Called Home", pour ne citer que ce titre, rappelle l'époque de
Dry. Harvey a travaillé le chant et si la colère continue de bouillonner, c'est intériorisée et contenue qu'elle trouve ici à s'exprimer au travers de chansons produites avec le fidèle Rob Ellis et Mick Harvey, ex-Bad Seeds, comme en compagnie de Thom Yorke de Radiohead sur le sublime "This Mess We're In". Entre ville et campagne, urgence et sérénité, ce brûlot, sitôt paru sitôt classique, rassure sur l'état de santé du rock à guitares et offre sur un plateau à PJ Harvey la place de Patti Smith autrefois : celle, symbolique, de pythie sonique rayonnante.
--Hervé Comte
Critique
Jusqu’à présent, c’est sans doute ce qui ressemble le plus à un album « commercial » de PJ Harvey, avec un son bien plus propre qu’elle ne l’avait proposé jusqu’alors et des compos volontairement orientées vers les radios américaines, comme le premier single, l’efficace
« Good Fortune », qui représente au moins la preuve que la Miss a des facilités pour écrire aussi ce type de chanson. Une moitié des histoires du disque, celles nées en Angleterre (
« The Sea ») peut encore se mesurer à sa production passée (
« This Is Love »,
« The Whores Hustle… »), mais sur la moitié « américaine » (
« The City »), les textes laissent parfois à désirer, trahissant un certain relâchement dans l’inspiration et la présence de Thom Yorke, de Radiohead, aux chœurs et sur un duo (
« This Mess We’re In ») fait plutôt figure de faux événement, sa voix ne se mariant que difficilement avec celle de Polly.
En fait, comme souvent chez PJ, il faudra aller chercher sur les faces B des singles les meilleures chansons de ces séances, ainsi le terrible
« 66 Promises », l’autobiographique
« 30 » (« 30 ans et toujours une gosse »),
« This Wicked Tongue »,
« My Own Private Revolution » et
« Memphis », un émouvant hommage à Jeff Buckley, sans doute le meilleur chanteur à avoir émergé dans les années 90, avec elle. Autant dire qu’une future édition Deluxe de cet album ne serait pas superflue, pour une fois...
Frédéric Régent - Copyright 2012 Music Story