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4.0 étoiles sur 5
Lumière noire, 1 juin 2010
L'histoire est vraie de bout en bout : elle raconte la passion autodestructrice qu'éprouve le cinquième enfant de Victor Hugo, Adèle Hugo, pour un lieutenant glacial, marmoréen et, à vrai, dire totalement inintéressant, si ce n'est son donjuanisme qui fait tourner la tête de la pauvre bête errante.
Le titre en dit long : Adèle H. ce n'est pas explicitement Hugo. Elle est la fille du grand écrivain, mais elle est surtout une exilée métaphysique, incomprise de sa famille, rejetée par son amour, en quête d'elle-même à travers une passion sans issue qu'elle pousse jusqu'à la sanctification. On verra ainsi son éloignement progressif du réel. Le film montre toutes les tortures inhérentes à un amour non payé de retour, à la jalousie morbide qui en découle, et finalement à ce grand échec amoureux auquel sont condamnées toutes les âmes brûlantes. Le parallèle entre cette vie flamboyante mais ratée, passée inaperçu, et celle du Père, grand patriarche de la nation ayant tout réussi et mourant dans la gloire, est assez vertigineux.
La réalisation, sans pompiérisme, est d'une grand justesse, tout comme la narration qui nous accompagne dans cette tragédie intérieure. Le rôle initialement prévu pour Deneuve échut finalement à Adjani, 19 ans, changement tout à fait salutaire tant la jeune comédienne irradie ce film d'une brûlante "lumière noire" telle que l'évoquera Victor Hugo sur son lit de mort.
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5.0 étoiles sur 5
TRUFFAUT SCRUTE UNE PASSION AMOUREUSE ET DESTRUCTRICE, 19 mars 2010
Bien qu'Isabelle Adjani ait déjà tourné au cinéma, notamment dans LA GIFLE de Claude Pinoteau, l'année précédente, L'HISTOIRE D'ADELE H (1975) peut être considéré comme son premier grand rôle, où elle développe des figures auxquelles elle reviendra à plusieurs reprises dans sa carrière. Elle y est remarquable. Ce film est sans doute un des moins connus de Truffaut, tourné en partie en langue anglaise, comme le magnifique DEUX ANGLAISES ET LE CONTINENT. Truffaut y fait une apparition hitchcockienne, en soldat.
Ce qui frappe, c'est cette manière de Truffaut de concentrer sa mise en scène sur son sujet. Pour un film pareil, aujourd'hui, nous aurions eu des plans aériens pour filmer l'arrivée en bateau à Halifax, des reconstitutions de décors, chargés, des figurants en costume dans tous les coins, et Victor Hugo (joué par Depardieu ?) aurait eu droit à quelques scènes, avec sa belle barbe blanche. Rappelons l'intrigue : Adèle Hugo, fille de, quitte Guernesey pour Halifax, sur les traces du lieutenant anglais Pinson, dont elle est amoureuse, bien décidée à lui passer la bague au doigt.
L'arrivée à Halifax se passe dans le brouillard (donc pas de décor !), une simple embarcation, une dizaine de passagers, parmi lesquels Adèle, cadrée de près. Truffaut filme dans l'urgence, montage rapide, dialogue à la mitraillette. Lorsqu'Adèle écrit une lettre, elle récite son texte à haute voix, et on voit sa plume parcourir frénétiquement le papier. Dans la réalité, c'est impossible ! objecteraient certains. Sauf que ce n'est pas la réalité, mais un film de Truffaut ! Donc peu importe qu'elle écrive réellement ou non, c'est le geste qui compte, et le ressenti du spectateur. Ce film est le portrait d'une femme amoureuse, prise dans la spirale de la passion qui la dévore, la conduisant à la folie. Adèle poursuit un homme qui ne l'aime pas. Elle n'entend pas cette décision, se persuadera du contraire, mentant à son entourage, et à elle-même. Adèle échafaude aussi une vengeance. Salir une réputation, ou utiliser l'hypnose pour se faire aimer. Truffaut nous rappelle au passage que les sciences occultes, le spiritisme, étaient très en vogue à cette époque. Adèle tente aussi de rentrer en contact avec sa soeur décédée, Léopoldine.
Ce film est aussi l'histoire d'une jeune femme qui cherche à échapper au poids de son célèbre père. Intelligence de Truffaut, de ne faire vivre Victor Hugo que par la voix off, des coupures de journaux, des discussions, mais jamais à l'image. Encore une fois : ne pas se disperser. Adèle utilise un pseudonyme à Halifax. Elle renie son père mais lui demande sans cesse de l'argent (sous des prétextes mensongers). Elle se sert de la célébrité du poète pour persuader l'hypnotiseur d'agir. Scène très réussie : elle ne prononcera pas le nom du grand homme, mais l'écrira sur un miroir poussiéreux, avant de l'effacer après. Simple précaution ou paranoïa naissante ? Adèle se réapproprie son nom quand ça l'arrange, tout en demandant à ce qu'on lui écrive sous le nom de Madame Pinson. Relation complexe, double discours, sa santé mentale chancelle, les portes de la folie s'entrouvrent.
Le fait que Truffaut choisisse de filmer la grande scène entre Pinson et Adèle, de nuit, dans un cimetière, augure bien du funeste destin de la jeune femme. S'enfermant dans un mutisme maladif, ruinée, elle s'abandonne à la rue, la robe lacérée par des chiens errants. Dans un refuge de nuit, c'est à même le sol qu'elle dort, agrippée à sa valise.
L'HISTOIRE D'ADELE H est un parcours romantique et tragique, d'une femme passionnée, que rien n'arrête. Truffaut en fait la figure centrale de son film, sondant ses regards, ses gestes affolés, guidés par l'obsession. Truffaut ne se détourne jamais de son personnage, l'accompagne au plus près. Isabelle Adjani est de tous les plans (elle me rappelle Isabelle Huppert dans ses intonations, ses moues) prouvant qu'elle grande comédienne elle pouvait être, et ne cédant pas aux numéros d'hystérie faciles. Un film poignant.
Adèle Hugo a été rapatriée chez son père à Guernesey, et décéda à 85 ans, en 1915.
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4.0 étoiles sur 5
TRAGIQUE,FOU ,DOULOUREUX, 25 mars 2010
Qui y a til de plus douloureux qu'un amour non reciproque?rien
Car celle qui aime,Adele,fille de Victor hugo aime ,aime trop,aime jusqu'a s'inventer l'épouse de celui qui ne l'aime pas.Elle se reve mariée,elle se retrouve seule,avec ses lettres qu'elle écrit à ses parents.Seule dans un pays qui n'ai pas le sien,elle attend,souffre,manigance et finalement devient folle.
Une vie consacrée à un homme qui n'éprouve rien pour elle.Amour tragique et vie gachée.
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