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5.0 étoiles sur 5
un joyau mésestimé, 11 octobre 2004
C'est mon album préféré des Smiths, je ne comprends pas qu'on le juge moins bien que les précédents : chaque titre est une perle, la musique est en parfaite harmonie avec les paroles. La première chanson est une ballade sur la jeunesse réprimée qui ne croit déjà plus à l'amour, mais qui ne cesse d'en rêver, la deuxième un hymne décomplexant sur la mauvaise habitude de ne pas terminer ce qu'on commence, la suivante une ode désabusée sur l'optimisme professé par la génération disco ("Love, peace and harmony? Very nice, ...but maybe in the next world"). Le reste est à l'avenant.
Le sommet est cependant "Last night I dreamt that somebody loved me", à l'intro époustouflante, au texte purement génial, sur l'attente vaine de l'amour, la résignation mêlée de déception qu'on a tous ressenti...
A écouter, pour partager la mélancolie des Smiths, dont le côté dépressif et l'ironie désabusée cachent une énergie insoupçonnée.
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10 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Death of a great pop band, 9 octobre 2006
Il m'est très difficile de parler des Smiths, qui furent pendant longtemps, et de loin, mon groupe préféré, sans tomber dans le piège de la nostalgie et/ou d'un enthousiasme démesuré. Personne ne me demande certes d'être objectif mais proposer une litanie de superlatifs en guise d'analyse ne convaincra pas les profanes quant à la nécessité absolue de se plonger sans retenue dans la discographie du groupe, certes concise mais dont chaque chanson est essentielle.
Le succès des Smiths a été fulgurant, météorique. Portés par un charismatique chanteur, Morrissey, dont les apparitions répétées dans la presse musicale régalent les lecteurs, ils sont accompagnés d'une vague de passion inouïe, et déchaînent les foules adolescentes partout où ils passent. Mais les problèmes de drogues d'Andy Rourke, la fatigue associée aux tournées harassantes, les tiraillements au sujet de l'avenir du groupe (destiné à devenir énorme et jouer dans les stades, mais dont la raison d'être est l'intimité avec ses auditeurs), les ego des uns et des autres, les incompréhensions et les malentendus auront raison d'un groupe magique alors au sommet de sa gloire.
'Strangeways, here we come' est ainsi le quatrième et dernier album studio des Smiths. On y perçoit nettement la volonté de Johnny Marr, guitariste génial et compositeur exclusif des musiques, d'emmener le groupe vers de nouveaux horizons, d'élargir sa palette musicale et d'étoffer sa personnalité. Les morceaux s'éloignent en partie des terrains balisés par les albums précédents pour s'aventurer vers des territoires inconnus. Les délicieux arpèges de guitare du premier album ont en grande partie disparu au profit de nouvelles textures, pourtant l'essence du groupe est intacte, irréductible à tel ou tel gimmick.
Les paroles de Morrissey naviguent de l'ironie grinçante au profond désespoir, et font la plupart du temps mouche. Son immense et parfois incompris sens de l'humour y est bien sûr à l'œuvre ('i traveled to a mystical time zone but i missed my bed so i soon came home',) et il est difficile de ne pas ressentir d'empathie à leur écoute quand elles évoquent, sans sombrer dans la pathos larmoyant, la solitude et le mal-être ('Last Night I dreamt that somebody loved me, no hope, no harm just another false alarm'). Elles s'offrent en outre toujours le luxe de sonner admirablement bien ('and the pain was enough to make a bald shy buddish reflect and plan a mass murder') et de se prêter aux interprétations multiples.
Les deux sommets du disque sont à mes sens 'Death Of A Disco Dancer' et 'Last Night I Dreamt That Somebody loved me', où le groupe abandonne la pop virevoltante pour une musique empreinte d'une terrassante mélancolie. La beauté crépusculaire de l'introduction de Last Night, suivie de l'entrée en lice pleine d'élégance du groupe, compte parmi mes moments de musique préférés tous disques et genres confondus. Les mélodies tourbillonnantes sont toujours remarquables et mettent à mal les notions de couplet et de refrain ; tous les morceaux sont dignes de la plus grande attention, même si Girlfriend in A Coma n'est pas loin de sombrer dans la facilité.
Une étiquette voyante qui indique en gras 'années 80' a malheureusement été apposée de manière définitive sur le son. La production est un peu datée et certains morceaux en pâtissent. On se plait alors à rêver des merveilles dont aurait pu accoucher les dons d'arrangeur de Johnny Marr à une autre époque ou dans un autre contexte, mais tel quel, il y a déjà suffisamment de raisons de savourer cet ultime testament d'un groupe pop anglais essentiel.
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5.0 étoiles sur 5
Une merveille méconnue, 17 juin 2003
Dernier disque des Smiths, accouché dans les prémices de la séparation du groupe, édité après celle-ci... Strangeways a tout du disque mal aimé, un "grand disque malade". Mais ce dernier opus mérite sa place aux côtés des autres chefs d'oeuvre du quartet de Manchester. Certains le trouvent un peu trop uniforme, pas assez flamboyant. Mais de "Unhappy birthday" à "Girlfriend in a coma", en passant par le maladif "Death of a disco dancer", ce disque contient de nombreuses pépites et constitue un nouveau sommet de mélancolie ironique et désillusion grattée jusqu'à l'os. Morrissey livre des textes plein d'humour desespéré ("I've come to wish you an unhappy birthday") ou de lucidité crue ("Paint a vulgar picture", sur l'industrie hypocrite du disque), louvoyant avec brio sur des mélodies imparables du comparse Johnny Marr. Un disque mal aimé, mais à réévaluer d'urgence. mais pourquoi diable ces types là se sont-ils séparés ?
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