Si vous êtes fan des Minds « d'avant New gold dream » vous n'avez probablement pas aimé cet album. En soi, il reste un disque de bonne qualité, toutefois mal accueilli par la critique. Le contexte : après la déferlante de « Don't you » en 1985 et l'album FM qui s'en suivi, « Once upon a time » Simple Minds perd largement les fans de la première heure trahis par ce rock taillé pour les stades. Avec « Street fighting years », le groupe tente d'insufler un peu d'âme dans une musique qui en manquait sincèrement, ce qui donne un disque plus chaleureux, enrichi parfois d'instruments acoustiques (guitares sèches, cornemuse, accordéons, violons...), d'où de superbes morceaux comme notamment « This is your land », « Mandela day » ou « Let it all come down », tandis que « Wall of love » et « Take a step back » rockent avec conviction. En insufflant un peu de politique dans ses textes d'habitude insondables, Jim s'engage et l'atmosphère du disque s'en ressent, plus que jamais sombre. Mais le problème est aussi qu'il se prend un peu pour le roi de la kermesse et que le groupe en fait parfois trop, l'album étant surproduit par Trevor Horn habitué au « gros son » de groupes comme Yes. Or cela ne convient pas à Simple Minds et on attendait plus de sobriété sur un disque comme celui-ci. Dispensables : le pompeux « Kick it in » et la reprise unanimement décriée de « Biko ». Echec commercial, « SFY » n'en est pas moins le dernier véritable album des Simple Minds, avec notamment Michael McNeil au claviers pour la dernière fois et Charlie Burchill dont la sobriété n'a d'égal ici que le talent. Un disque que vous aurez plaisir à entendre. Deux questions : pourquoi seuls Charlie, Jim et Mike figurent sur la pochette et pourquoi le dernier titre « When spirits rise » a-t-il été oublié sur le listing lors de la réédition ?