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2.0 étoiles sur 5
Une nouvelle deception, 21 avril 2007
Strength & Loyalty marque le retour de BTNH sur un label majeur. Après les errances post-BTNHResurrection, l'éviction de Bizzy Bone et les désastres solos, cela est une performance en soi. Mais l'album est loin d'être à la mesure des ambitions du groupe, et n'est finalement guère mieux que tout ce que ce dernier a sorti depuis 2000.
Si Slow Motion, qui ouvre Strength & Loyalty sur les chapeaux de roues, est prometteuse, les productions abominablement génériques (samples à tout va, guitares électriques dans Wind Blow, choeurs mièvres un peu partout) et répétitives (Bump in the trunk, Gun Blast...) qui suivent nous font vite regretter DJ U-Neek, qui n'aurait probablement jamais osé proposer le disco-pop Candy Paint au groupe. L'ordre dans lequel sont arrangées les chansons est peu judicieux (on retrouve par exemple 9mm et Gun Blast à la suite l'une de l'autre alors que les deux partagent le même thème et ont des beats très similaires) et les artistes invités sont parfois un peu surprenants (que viennent faire Will.i.am et Bow Wow sur un album des Bone Thugs N Harmony ?), trop nombreux (Akon deux fois !) et ne parviennent à aucun moment faire oublier les absences de Bizzy Bone et Flesh-N-Bone. Les meilleures pistes sont d'ailleurs celles ou les BTNH sont seuls : Slow Motion (reprise un peu pale de la chanson du même nom qui ouvrait Bone Entreprises, l'album underground que le groupe avait sorti en 1993), 9mm, Wind Blow et Sounds the Same. Cette dernière, qui rappelle a certains égards ce que faisait le groupe à l'époque de the Art of War, est même la seule chanson qui lui soit véritablement digne.
Blâmer la production des Swizz Beats ne suffit pourtant pas. Il nous faut reconnaitre qu'hormis Krayzie, ce qu'il reste des BTNH ne fait pas montre d'une inspiration hors du commun. Les prestations de Layzie Bone sont variables, et le plus souvent décevantes. Quant a Wish (historique maillon faible), étincelant sur Slow Motion, il peine a être correct sur toutes les autres, 9mm mis a part. A plusieurs reprises (Little L.O.V.E, Never Forget Me...), il est même oblige de répéter des fins de phrase pour trouver des rimes... On ne retrouve plus l'alchimie et la force collective exceptionnelles dont le groupe démontrait sur East 1999, the Art of War ou BTNHResurrection, et c'est une nouvelle fois Krayzie Bone qui sauve les Bone Thugs du complet désastre. Par ailleurs, même si les textes du groupe n'ont jamais été univoques (on se souvient de Change the World, Dayz of Our Lives, If I could teach the world etc.), la promotion de la violence gratuite qui avait été à l'origine de plusieurs chefs d'oeuvre du groupe (Mo Murda en particulier), et les thèmes controversés en général sont ici largement mis en retrait. On se retrouve à la place avec des Order My Steps, I tried ou même Little L.O.V.E beaucoup plus passe-partout... Mais le pire est ailleurs : sur Order My Steps, the Streets et d'autres, les flows ultra rapides, complexes et les harmonies (influence du gospel) qui avaient créé le phénomène Bone Thugs N Harmony il y a de ca quinze ans, ont disparu au profit de lignes sobres et parfaitement plates... Tragique.
La publicité qui a entouré le retour du groupe sur un label de premier ordre, les productions et les featurings tendances (Akon, the Game, Mariah Carey...) laissent a penser que Strength and Loyalty trouvera facilement sa place sur MTV et dans les lecteurs MP3 d''une nouvelle génération. Mais l'album est une nouvelle déception pour ceux qui, comme moi, sont devenus fans du groupe avec des chansons comme Dayz of our Lives, Shoot em' up, et Mo Murda. Il n'y a ni force ni loyauté chez ces BTNH nouvelle formule qui ont abandonne Bizzy Bone, Flesh-N-Bone et DJ U-Neek au bord de la route menant, ils l'espèrent, vers le succes commercial.
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4.0 étoiles sur 5
Du flow..., 11 mai 2007
Bien que l'album soit assez inégal et que l'invitation d'un roster de stars impressionnant (Mariah Carey, Akon, The Game...) semble parfois vouloir masquer un manque de créativité, il n'en reste pas moins que BTNH continue de délivrer des pépites marquées par un flow inégalé (comme en témoigne l'introductif et parlant 'Flowmotion'). Sans doute pas le meilleur album de leur discographie, nos oreilles se réjouissent de ce retour dans la cour des grands.
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