Jean Ziegler dévoile dans ce livre l'histoire consternante du blanchiment de l'or pillé par Hitler et son SS par l'intermédiaire de banquiers suisses. Ces derniers ont ainsi permis à la machine de guerre allemande de continuer à tourner à pleine vitesse.
Le profit avant tout
Les banquiers n'avaient pas de sympathie idéologique pour le parti nazi ou pour Hitler, mais étaient simplement médusés par les profits astronomiques qui leur étaient offerts. L'équation était simple: pas de blanchiment d'or, pas de devises internationales, pas de matières premières stratégiques et donc pas de `Wehrmacht'.
Ces transactions secrètes ont aussi constitué une des bases de la puissance bancaire suisse.
Le secret bancaire suisse
La révocation de l'édit de Nantes est à l'origine du secret bancaire suisse. Environ 200.000 huguenots, la plupart des nantis, ont fui la France surtout vers les bastions protestants de Genève, Zurich et Bâle. La plus stricte confidentialité de toutes les transactions y était assurée, car des espions du roi de France étaient partout. Néanmoins, cette confidentialité était en première instance considérée comme un acte de fraternité, ou mieux encore, comme une mission venant de Dieu.
Beaucoup de documents sur la collaboration de l'industrie suisse avec l'Allemagne nazie ont été détruits. De plus, les crimes de guerre éventuellement commis ont été prescrits.
Ce livre très révélateur avec Voltaire comme marchand d'esclaves et Hannah Arendt comme amie de Heidegger, accentue un aspect mineur mais crucial d'une catastrophe, qui s'appelle `guerre'.
Lecture hautement recommandée.