Icarus 2 flotte vers le soleil. Comme ce dernier s'éteint, peut être qu'Icare ne s'y brûlera pas les ailes...Un équipage sous tension, isolé dans l'immensité. L'espace magnifié par une musique magnifique. Danny Boyle s'attaque au film de genre avec son sens de la psychologie des personnages. En peu de temps, il arrive à leur conférer à chacun une personnalité très propre. Il s'amuse à faire des clins d'½il, de la scène de réparation étouffante (on croirait être dans les combinaisons avec les cosmonautes), au passager inattendu (Alien, mais était-il besoin que je précise?), ou Solaris, ou Event Horizon...Bref les références vont bon train, mais sont suggérées. Le soleil est un personnage aussi, fascinant, effrayant, dominant. Certains sont subjugués, comme ces civilisations qui lui ont voué un culte. L'homme se sent si petit qu'il donne une fonction mystique à l'astre, comme le passager supplémentaire, rendu fou par la puissance pourtant déclinante de l'étoile. Le héros principal, car ils sont tous héros de cette tragédie, n'a que son but en tête. Quelle que soit sa destinée, seule l'avenir de la Terre compte. Partis réanimer ce Dieu en péril, la mission Icare 2 va connaître les difficultés d'Ulysse sans l'heureux dénouement.
Le résumé m'avait fait peur, un peu comme pour The Score: Le soleil s'éteint, une bande va faire péter une bombe pour le faire redémarrer. Mais non, tout se passe en finesse, c'est même assez triste. Avec toujours cette même obstination humaine: au delà des lois de la nature, faire durer coûte que coûte ce qui pourtant doit s'éteindre. Ne jamais accepter. Voler plus loin qu'on ne doit.