Le film commence sur un panneau à l'entrée d'une usine indiquant : "Nous n'avons pas eu à déplorer d'accidents depuis784 jours". La caméra s'approche doucement' Un ouvrier retire un à un les chiffres4, 8et 7 pour les remplacer par "1". Plan suivant, un jeune garçon habillé de noir, seul et triste, est assis immobile sur une balançoire dans un jardin enneigé. En 15 secondes on est DANS le film. En 15 secondes notre esprit est rempli de points d'interrogations et bien sûr avide de connaître la suite' A partir de là "Super 8" ne vous lâche plus jusqu'à la toute dernière image de son générique de fin ! Pour ce qui est de réaliser un film de divertissement intelligent et palpitant, on ne peut que rester pantois et s'accrocher à son fauteuil. Quel brillantissime savoir-faire ! Quelle connaissance des ressorts émotionnels des spectateurs ! E.T. (1982), Les Goonies (1985), Stand by me (1987), trois films clés dont les héros sont des enfants (et trois films bonheur !) ont été réalisés par Steven Spielberg lui-même ou ses copains, et c'est directement à cette période que fait référence et dans ces sources jubilatoires que puise "Super 8". Si les films bonheur sont fait de rythme et d'inattendu, alors c'est à un trépidant feu d'artifice de points d'interrogation et de points d'exclamation auquel on est ici convié ! Du suspense' une réponse' qui entraine un nouveau suspense' et qui à son tour apporte une nouvelle réponse plus étonnante encore' L'humour et les clins d'½il sont bien évidemment présents tout au long de cette aventure qui par contre ne s'attarde pas trop sur l'émotion' sauf peut-être sur celle créée de toute pièce sous nos yeux par la jeune héroïne qui "joue dans" le film en super-8 et qui a la demande du réalisateur doit faire "passer" l'émotion. C'est le film dans le film. C'est la mise en abime. C'est le miroir qui se reflète à l'infini. Et' c'est magnifique ! Cerise sur le gâteau, durant tout le générique de fin du "grand film" se déroule l'intégralité du "petit film" tourné en super-8, qui est donc lui-même au c½ur de l'histoire. Et à sa vision' la salle toute entière part d'un dernier et immense éclat de rire, mêlé de tendresse de surcroit ! Bref' un vrai moment de bonheur ! Vive le cinéma !
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