SUPER est donc une comédie noire, qui malgré un postulat simple et déjà vu, surprend à tout instant. On ne s'ennuie pas une seconde, il se passe toujours quelque chose et Gunn nous livre même quelques instants dramatiques assez éprouvants. Gunn nous livre donc une satire sociale bien plus intelligente qu'il n'y parait sous des dehors de comédie trash débridée, mélangeant ainsi avec bonheur divertissement et réflexion. Ce film ne sera pas du goût de tous, j'en suis sûr, mais ravira autant les amateurs de super-héros avec ses références jamais trop appuyées, ainsi que les fans d'horreur et de comédie qui ont largement de quoi se mettre sous la dent. Au final, le principal défaut de Super, c'est tout simplement d'arriver après le succès de Kick-Ass, ne s'apparentant ainsi de prime abord qu'à un simple produit opportuniste. Pourtant, au petit jeu de l'inévitable comparaison, le film de James Gunn s'avère être qualitativement supérieur à celui de Matthew Vaughn, notamment dans son aspect jusqu'auboutiste qui refuse toute forme de consensualisme. Ainsi, sous des airs de farce potache complètement débile, Super est nettement plus pertinent qu'il n'y paraît au premier abord, poussant encore plus loin les thématiques déjà mises en place par Kick-Ass, et leur offrant un traitement nettement plus incisif. Ajoutez à cela un casting quatre étoiles qui s'amuse - largement dominé par une impressionnante Ellen Page - et un sens du rythme et du gag qui ne souffre d'aucune fausse note, et Super s'impose comme un film majeur dans le genre.