Après "Black Summer" et "No Hero", "Supergod" clôture une trilogie (qui ne se suit pas) sur le thème du super-héros... loin des Superman et autres clichés en spandex, Ellis a sauté 2, voire 3 crans dans l'approche du sujet. Ses surhommes sont à la pointe de la technologie, se posent des questions existentielles, sont gores et sans pitié.
En l'occurence, dans cet opus, Ellis imagine un monde fini, post-apocalyptique, dans lequel plusieurs pays (coïncidant étrangement avec qui détiennent aujourd'jui l'arme atomique) ont créé leur surhomme, chacun à sa manière, et narre les effets (dévastateurs) qu'il en a découlé au détriment de l'humanité. Chaque pays est abordé individuellement, les catastrophes énumérées en crescendo pour arriver au climax de l'horreur avec le choc des titans.
L'ensemble est raconté par un scientifique ayant été au coeur de l'action, scientifique "aujourd'hui" assis sur les marches d'un escalier détruit au milieu d'une ville dévastée. ce dernier s'enfile joints, médocs et alcool au cours de sa narration, revenant sur les faits comme on lirait le journal de bord d'un vaisseau ayant dérapé dans l'horreur.
Encore une fois, Ellis fait preuve de maîtrise technique et scientifique dans le traitement du sujet, certains passages demandant quelques connaissances de base !
Néanmoins, une oeuvre ambitieuse, ténébreuse, d'anticipation pessimiste, d'un sujet dont Ellis s'est fait le chantre : le superhéros devenu danger pour l'homme.
Excellent.