Attention, ce commentaire concerne le film, et non les qualités techniques du support. Quelques remarques sur la bande-son, néanmoins : Le film est disponible uniquement en version originale anglaise au format Dolby Digital 5.1. Une piste de commentaires audio en compagnie du producteur Bruce Timm, du scénariste Duan Capizzi, du responsable des voix Andrea Romano et du producteur exécutif Gregory Noveck est également offerte. ATTENTION : Il n'y a AUCUN sous-titre en français, ni sur le film, ni sur les suppléments !
En 1992, Superman trouvait la mort lors d'un combat titanesque contre "Doomsday", un monstre aux origines inconnues à la force illimitée. Puis il revenait à la vie après que divers avatars soient venus réclamer son héritage. Ces quarante épisodes, relatés dans "
La mort de Superman", firent grand bruit à l'époque de leur sortie, dépassant largement le simple stade de leur médium pour devenir, à l'heure de leur diffusion, l'événement mondial médiatique numéro un !
Le studio "Warner Bros Animation", spécialisé dans l'adaptation des éditions DC comics, attendra la sortie au cinéma de
Superman Returns en 2007 pour en lancer l'adaptation.
Adaptation ? Oui et non. "Superman Doomsday" peut être vu surtout comme une épure de la saga sortie en comics quinze ans plus tôt. En effet, comment adapter fidèlement 800 pages de bandes-dessinée en un long métrage d'à peine 1h17 ?!!! Ainsi, le film fait naturellement abstraction de la continuité chère à la mythologie du "DC-verse", lui préférant celle des films avec Christopher Reeves. Exit la "Ligue de justice" et tous ses super-slips grotesques, exit Supergirl, le fils de Lex Luthor et le père adoptif de Clark Kent (qui dans le film de 1978, mourrait d'une crise cardiaque alors que Superman était encore jeune). Exit également les quatre avatars du Kryptonien. A la place, nous garderons simplement le combat avec Doomsday, un clone de Superman déviant et la résurrection de Kal-el, vêtu de noir et portant les cheveux longs !
Le résultat n'en demeure pas moins réussi et frôle la perfection entant que récit se suffisant à lui-même. Les scènes de combat sont courtes mais impressionnantes. Les dialogues sont ciselés et travaillés (aucune vulgarité, aucun humour racoleur) sans tomber dans le grandiloquent souvent ampoulé de leurs homologues de papier. La mise en scène est généreuse, parfaitement iconique, et ne sacrifie jamais le récit aux scènes d'action, de même qu'elle ne le sacrifie pas en cherchant à viser certaines catégories populaires particulières. Pour le coup, le film possède quelque chose de profondément universel et contentera un public de 7 à 77 ans. Enfin, la musique, avec des airs de "Carmina Burana", apporte le lyrisme qu'il faut à la transposition sur écran de cet univers hautement mythologique.
Cerise sur le gâteau : le métrage introduit les origines très intéressantes de Doomsday et expose le pourquoi et le comment de son apparition de manière très cohérente, ce que les comics ne s'étaient pas donné la peine de développer !
Les détracteurs de ce genre d'adaptation, au passage réservée directement aux sorties vidéo, reprochent une technique d'animation laborieuse et tristement plate, alors qu'à l'ère de la "3d", les créateurs de ces animes auraient pu privilégier des techniques plus avancées. Pourtant, ce parti-pris presque "archaïque" semble particulièrement bienvenu, car ainsi, il participe d'un étonnant respect du matériau originel que représentent les comics (des dessins en 2d, est-il besoin de le rappeler ?). Si cette faiblesse constitue le principal reproche asséné régulièrement à ces œuvres, elle fait partie intégrante de la réussite de l'entreprise, puisqu'elle fait corps avec son sujet.
Pour ceux qui auraient encore peur de franchir le cap, précisons que cette adaptation est l'œuvre d'un architecte brillant en la matière : Le producteur et réalisateur Bruce Timm. Celui-là même qui lança, voilà près de vingt ans, la splendide série animée
Batman animated dans le giron des films de Tim Burton. Alors, même si le look très "cartoon" des personnages et le parti-pris bidimensionnel peuvent paraître rébarbatifs, sachez que nous tenons là une œuvre d'une pureté et d'une honnêteté totale, parfaitement recommandable pour tous les publics !