Tantôt rejeté tantôt idolâtré, Superman Returns ne mérite aucune de ces extrèmités et se contente d'approcher la qualité du très convenable Batman Begins de Christopher Nolan.
On peut reprocher au réalisateur sa totale dévotion au film de Donner, les symboles religieux omniprésents (Prométhée, Jésus, Atlas, Icare...) ainsi qu'un héros plus Superminet que Superman bien trop jeune, lisse et hésitant pour incarner un héros sur le retour... Mais peut-être est-ce de là que vient le principal intérêt du film ; Superman est paumé dans un monde qu'il croyait sien, il hésite, se fait avoir, passe de l'arrogance à l'humilité et surtout de la solitude au voyeurisme ; vivant par procuration la vie des gens normaux. Physiquement et moralement ; le héros prend des coups et dévoile d'avantage de la faiblesse entraperçue chez Christopher Reeve.
Kate Bosworth incarne une Lois Lane à la fois douce, mature et volontaire. Bien qu'un peu sous-exploitée dans la dernière heure du film à son rôle de sauvée/sauveuse, elle laisse tout de même présager du meilleur pour la suite.
Quant aux malversations de Lex Luthor (encore plus ignoble) elles ne sont que prétexte à encadrer le romantisme solitaire qui berce les 2h30 du film.
Les scènes d'actions, loin d'être omniprésentes, sont parfaitement réussies et certaines resteront à jamais dans l'histoire du cinéma (cf sauvetage de l'avion).
L'inconscient collectif aurait voulu un Superman imposant et intimidant plus conforme à la BD ; il n'en aura qu'un vague aperçu. Pas assez face à l'attente suscitée mais suffisamment pour un deuxième épisode plus puissant allégé en doutes existentiels (cf X-Men 2).