Il s'agit d'une mini-série de 4 épisodes parue en 2006. Elle nous raconte la première rencontre entre Superman et le "Captain Marvel" de l'univers DC comics.
En règle générale, je suis assez friand de ce genre de relectures des anciennes aventures, voire des origines de certains personnages, car elles permettent de découvrir les histoires du passé sans pour autant lire les comics de l'époque ayant extrêmement mal vieilli du point de vue de la mis en forme. J'ai été attiré par celle-ci en partie à cause de son équipe créative, à savoir le scénariste Judd Winick, dont j'avais lu le plus grand bien, ainsi que le dessinateur Joshua Middelton, dont j'avais beaucoup apprécié le travail sur le très beau "
Nyx", de chez Marvel. Pour le coup, ni l'un ni l'autre ne m'ont totalement convaincu sur cette histoire gentillette venant nous conter l'amitié naissante entre les deux figures omnipotentes partageant la même mythologie. La trame générale du récit, à base de méchant industriel pactisant avec le démon parait bien artificielle, servant de prétexte à une rencontre finalement assez tirée par les cheveux. L'idée de comparer les pouvoirs de "Captain marvel", basés sur la magie, à ceux de Superman, dont c'est le point faible, est intéressante mais au final très peu exploitée. Le scénario ne développe pas suffisamment l'intrigue pour faire décoller l'ensemble et l'émotion ne prend pas. Les dessins, entre le dépouillement et l'humoristique, achèvent de faire de cette mini-série une histoire aussi vite lue qu'oubliée.
Du comic-book parfaitement inoffensif, qui tente de retrouver l'essence naïve des comics de l'âge d'or mais qui ne parvient pas à cacher le concept de sa production : Réunir deux figures mythiques et bricoler un scénario à partir de là. Erreur ! Je ne me suis pas laissé avoir.
Je veux bien accepter cet exercice de style visant à retrouver l'essence du passé. Mais il y a deux solutions : Soit opter pour un traitement postmoderne et injecter dans une histoire solide tous les acquis de la production historique en les liant aux canons actuels de mise en forme (dialogues ciselés et épurés, voix off mature, narration axée davantage sur le vocabulaire graphique que sur les phylactères, etc.), telles que les œuvres du tandem
Jeff Loeb/Tim Sale ; soit choisir de paraphraser les comics "old school" en insistant sur leur matière infantile, comme j'ai pu en lire avec les "
Marvel team Up" de Robert Kirkman. Dans cette seconde option, le scénario est plutôt sacrifié aux dépends d'une ambiance basée sur un matériau que l'on célèbre au point d'en reprendre les codes narratifs et le style de dialogues. Je crains que "Superman / Shazam !" joue plutôt dans cette seconde catégorie.
L'ensemble n'est pas mauvais pour autant du point de vue du travail accompli. Mais il y a tout de même, je trouve, un problème de conception sur l'idée de la naïveté...