Paru au printemps 2000, le troisième album d’Amon Tobin
Supermodified permet de distinguer assez clairement deux aspects distincts de l’œuvre du Brésilien. Proche de l’esprit de ses prédécesseurs
Bricolage et
Permutation,
Supermodified alterne des morceaux sombres et expérimentaux et des compositions plus légères dénotant une nouvelle orientation dans les arrangements et les sonorités utilisées.
L’électronique y est plus présente qu’auparavant, et les samples de jazz caractéristiques des compositions d’Amon Tobin côtoient désormais des sons plus synthétiques, comme on peut l’entendre par exemple sur «
Get Your Snack ». A contrario, on remarque que les breaks de batterie utilisés, s’ils sont toujours aussi nombreux et déstructurés, font l’objet d’un traitement sonore moins important, si bien qu’ils sonnent plus « acoustiques ». Malgré leur densité rythmique, certains morceaux semblent ainsi s’éloigner de la drum&bass. C’est le cas notamment de «
4 Ton Mantis », qui possède en outre ce côté ludique qu’on pouvait entendre sur
Permutation.
Avec son saxophone aérien et ses nappes d’orgue électrique, «
Slowly » constitue un bel hommage à Ennio Morricone et démontre une nouvelle fois l’influence majeure des musiques de films sur le travail d’Amon Tobin. «
Marine Machines » et «
Deo » flirtent quant à eux avec la musique classique, tandis que l’étrange «
Precursor » organise la rencontre improbable d’une contrebasse et de la human beat box Quadraceptor. On retrouve sur «
Golfer VS Boxer » et «
Rhino Jockey » les ambiances tendues et les déflagrations rythmiques propres aux compositions d’Amon Tobin. Placés en fin d’album, «
Chocolate Lovely », «
Keepin’ It Steel (The Anvil Track) » et «
Natureland » illustrent l’autre orientation de
Supermodified. Moins sombres, plus légers, plus mélodiques surtout, ces morceaux rappellent à certains égards les génériques des série des années 70 et permettent à cet album de s’achever de manière très « cool ».
Thomas Henry - Copyright 2012 Music Story