Supertramp

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Biographie

Supertramp (« Super clochard », le titre d'un roman de W. H. Davies de 1908) s'est constitué à Londres autour de Richard Davies (claviers et chant - né le 22/7/1944) et Roger Hodgson (basse, chant et guitare - 21/3/1950), avec Richard Palmer (guitares et chant) et Robert Miller aux percussions. Le groupe prend son envol grâce à l'étonnant parrainnage d'un milliardaire hollandais, Stanley Miesegaes, qui leur offre des moyens considérables pour enregistrer. Après un premier album sans relief, Davies et Hodgson remplacent ces deux derniers par Frank Farrell et Kevin Currie, tout en étoffant leur ... Lire la suite

Supertramp (« Super clochard », le titre d'un roman de W. H. Davies de 1908) s'est constitué à Londres autour de Richard Davies (claviers et chant - né le 22/7/1944) et Roger Hodgson (basse, chant et guitare - 21/3/1950), avec Richard Palmer (guitares et chant) et Robert Miller aux percussions. Le groupe prend son envol grâce à l'étonnant parrainnage d'un milliardaire hollandais, Stanley Miesegaes, qui leur offre des moyens considérables pour enregistrer. Après un premier album sans relief, Davies et Hodgson remplacent ces deux derniers par Frank Farrell et Kevin Currie, tout en étoffant leur son avec le saxophoniste et flûtiste Dave Winthrop pour un deuxième album en 1971, Indelibly Stamped, dont on remarqua surtout... la pochette d'un goût douteux. Mais le tandem possède déjà un bon sens de la mélodie subtile qui intrigue et fait parfois mouche (« It's A Long Road ») et des rythmiques sophistiquées (« Nothing To Show »), rappelant quatre autres groupes rock britanniques essentiels : Moody Blues, Procol Harum, Traffic et Caravan.

Le crime du siècle

C'est un nouvel échec mais la branche anglaise de sa compagnie de disques américaine, A&M, est confiante et persiste à soutenir les deux auteurs-compositeurs. Ils écrivent pendant trois ans un concept album et refondent totalement leur groupe en engageant une solide section rythmique, le batteur américain Bob Benberg (né Siebenberg le 31/10/1949) et le bassiste écossais Dougie Thomson  (24/3/1951), transfuges du groupe de pub rock irlandais Bees Make Honey, et surtout dénichent un saxophoniste et clarinettiste hors pair, John Anthony Helliwell (ex-Alan Bown Set - 15/2/1945), qui étoffe considérablement leur sonorité. Et en effet, à l'automne 1974 paraît Crime Of The Century co-produit avec Ken Scott, tour de force étonnant, dénonciation du système de l'instruction publique en Grande-Bretagne (l'un des thèmes de The Wall de Pink Floyd paru cinq ans plus tard) et de l'aliénation mentale. Les arrangements y sont toujours surprenants, le climat est dramatique et évocateur, les mélodies souvent attachantes, assez complexes mais accessibles immédiatement et accrocheuses. De l'intro à l'harmonica de Davies sur « School » et son piano sautillant, à la débauche de cordes sur le final grandiloquent « Crime Of The Century », l'ensemble est une vraie réussite malgré quelques longueurs. Les stations de radio grandes ondes s'en emparent en France (« Dreamer » comme en Grande-Bretagne, et « Bloody Well Right » aux Etats-Unis), le public suit et il s'y en vend un demi-million d'exemplaires, chiffre énorme pour un groupe de rock étranger à l'époque.

Alors qu'au moment de sa promotion, Supertramp était programmé au Bataclan à Paris ; une quinzaine de spectateurs était présente (et non huit payants, comme le veut la légende imprimée sur l'album Paris). Leur promoteur a déclaré cinq ans plus tard avoir acheté six tickets « pour que les musiciens ne soient pas trop démoralisés ») ; en fait, il s'agissait d'invitations, et une seule personne avait acquitté son entrée. En grands professionnels, les musiciens ont « assuré » comme s'ils jouaient devant un public plus nombreux.

La crise ? Quelle crise ?

Fort de ce succès tardif, la même formation enfin stabilisée propose quatorze mois plus tard en pleine récession économique mondiale un Crisis ? What Crisis ? falot et plus centré sur les textes humoristiques de Davies, la meilleure part revenant aux guitares sèches. Elle s'installe aux Etats-Unis et au printemps 1977 en pleine explosion du punk rock, Supertramp (le groupe à abattre !) propose bien entendu à contre courant sa meilleure réalisation (de l'avis des amateurs), Even In The Quietest Moments..., porté vers un succès commercial confortable grâce au gentillet « Give A Little Bit », mini-festival de guitares sèches cristallines et de voix à l'unisson. La recette « changements de rythme et répons » (et quelques emprunts discrets au répertoire de musique classique...) fonctionne toujours aussi bien, et va faire la fortune du duo Davies/Hodgson deux ans plus tard.

Jus d'orange

En effet, en mars 1979, le monument Breakfast In America clôt la décennie en devenant l'une de ses vingt meilleures ventes d'albums, n°1 dans le monde entier. Il inaugure deux recettes industrielles : la moitié de ses dix chansons est publiée en 45-tours ! Et A&M multiplie le merchandising et les objets de promotion déclinés de la pochette, un double stratagème qui se développera jusque dans les années 90. Ses ritournelles pop sont toujours tenaces aujourd'hui, en particulier grâce au milieu de la publicité audio-visuelle : « The Logical Song », « Goodbye Stranger », « Breakfast In America », « Take The Long Way Home »... incontournables de la mémoire collective, qu'on le veuille ou non. Cette véritable indigestion radiophonique mondiale permet à Supertramp de remplir les stades durant toute l'année (108 concerts, dont le Pavillon de Paris à Pantin le 29 novembre, et son concours pour y gagner des places gratuites... truqué). Ce soir-là est enregistré l'inévitable double album live Paris, donnant l'occasion à la maison de disques de refourguer en 45-tours « Dreamer » et « Breakfast In America » dans des versions en public l'année suivante.

Le « Super clochard », qui survit aux vagues punk puis new wave grâce à sa vision poétique positive de la vie, des mélodies flatteuses et des arrangements somptueux, est consacré en France par une grande première : un concert au Parc de Sceaux devant 80.000 personnes en 1982 (record à l'époque), et une autre tournée triomphale, la dernière du genre. Car trois ans après son Petit- déjeuner en Amérique, Supertramp déçoit mais vend encore des centaines de milliers de copies de l'album ...famous last words en novembre 1982, et voit le départ de Roger Hodgson dans la foulée, laissant Rick Davies seul maître à bord d'une usine à tubes qui n'intéresse soudainement plus grand monde, tout comme la carrière solo du déserteur Hodgson. Quelques succès sporadiques maintiennent le quatuor à flot comme l'interminable « Cannonball » et Brother Where You Bound en 1985 (dont la promotion en France voit un régiment de critiques emprunter l'Orient Express direction Venise), mais ni un premier « best of » en 86 (The Autobiographye of Supertramp) et un nouvel album « live » en 1988 ne renflouent les caisses, et Davies congédie ses musiciens à la fin de cette année-là.

Le come back du clochard

En 1997, Richard Davies revitalise son groupe en conservant John Helliwell, et propose de gentilles mélodies teintées de jazz et de funk pour Some Things Never Change (en effet...), et récidive seulement cinq ans plus tard avec Slow Motion, dans l'indifférence quasi générale, comme en témoigne en 2006 un troisième album live incongru tant les versions sont semblables aux versions originales, enregistré neuf ans plus tôt !

Supertramp semble faire partie désormais des meubles, mais il ne faut pas oublier son succès planétaire mérité durant dix ans et sa bonne humeur, ses mélodies et ses voix qui ont tant enchanté une génération d'amateurs de rock inoffensif et tellement agréable à l'oreille.

Copyright 2014 Music Story Jean-Noël Ogouz

Supertramp (« Super clochard », le titre d'un roman de W. H. Davies de 1908) s'est constitué à Londres autour de Richard Davies (claviers et chant - né le 22/7/1944) et Roger Hodgson (basse, chant et guitare - 21/3/1950), avec Richard Palmer (guitares et chant) et Robert Miller aux percussions. Le groupe prend son envol grâce à l'étonnant parrainnage d'un milliardaire hollandais, Stanley Miesegaes, qui leur offre des moyens considérables pour enregistrer. Après un premier album sans relief, Davies et Hodgson remplacent ces deux derniers par Frank Farrell et Kevin Currie, tout en étoffant leur son avec le saxophoniste et flûtiste Dave Winthrop pour un deuxième album en 1971, Indelibly Stamped, dont on remarqua surtout... la pochette d'un goût douteux. Mais le tandem possède déjà un bon sens de la mélodie subtile qui intrigue et fait parfois mouche (« It's A Long Road ») et des rythmiques sophistiquées (« Nothing To Show »), rappelant quatre autres groupes rock britanniques essentiels : Moody Blues, Procol Harum, Traffic et Caravan.

Le crime du siècle

C'est un nouvel échec mais la branche anglaise de sa compagnie de disques américaine, A&M, est confiante et persiste à soutenir les deux auteurs-compositeurs. Ils écrivent pendant trois ans un concept album et refondent totalement leur groupe en engageant une solide section rythmique, le batteur américain Bob Benberg (né Siebenberg le 31/10/1949) et le bassiste écossais Dougie Thomson  (24/3/1951), transfuges du groupe de pub rock irlandais Bees Make Honey, et surtout dénichent un saxophoniste et clarinettiste hors pair, John Anthony Helliwell (ex-Alan Bown Set - 15/2/1945), qui étoffe considérablement leur sonorité. Et en effet, à l'automne 1974 paraît Crime Of The Century co-produit avec Ken Scott, tour de force étonnant, dénonciation du système de l'instruction publique en Grande-Bretagne (l'un des thèmes de The Wall de Pink Floyd paru cinq ans plus tard) et de l'aliénation mentale. Les arrangements y sont toujours surprenants, le climat est dramatique et évocateur, les mélodies souvent attachantes, assez complexes mais accessibles immédiatement et accrocheuses. De l'intro à l'harmonica de Davies sur « School » et son piano sautillant, à la débauche de cordes sur le final grandiloquent « Crime Of The Century », l'ensemble est une vraie réussite malgré quelques longueurs. Les stations de radio grandes ondes s'en emparent en France (« Dreamer » comme en Grande-Bretagne, et « Bloody Well Right » aux Etats-Unis), le public suit et il s'y en vend un demi-million d'exemplaires, chiffre énorme pour un groupe de rock étranger à l'époque.

Alors qu'au moment de sa promotion, Supertramp était programmé au Bataclan à Paris ; une quinzaine de spectateurs était présente (et non huit payants, comme le veut la légende imprimée sur l'album Paris). Leur promoteur a déclaré cinq ans plus tard avoir acheté six tickets « pour que les musiciens ne soient pas trop démoralisés ») ; en fait, il s'agissait d'invitations, et une seule personne avait acquitté son entrée. En grands professionnels, les musiciens ont « assuré » comme s'ils jouaient devant un public plus nombreux.

La crise ? Quelle crise ?

Fort de ce succès tardif, la même formation enfin stabilisée propose quatorze mois plus tard en pleine récession économique mondiale un Crisis ? What Crisis ? falot et plus centré sur les textes humoristiques de Davies, la meilleure part revenant aux guitares sèches. Elle s'installe aux Etats-Unis et au printemps 1977 en pleine explosion du punk rock, Supertramp (le groupe à abattre !) propose bien entendu à contre courant sa meilleure réalisation (de l'avis des amateurs), Even In The Quietest Moments..., porté vers un succès commercial confortable grâce au gentillet « Give A Little Bit », mini-festival de guitares sèches cristallines et de voix à l'unisson. La recette « changements de rythme et répons » (et quelques emprunts discrets au répertoire de musique classique...) fonctionne toujours aussi bien, et va faire la fortune du duo Davies/Hodgson deux ans plus tard.

Jus d'orange

En effet, en mars 1979, le monument Breakfast In America clôt la décennie en devenant l'une de ses vingt meilleures ventes d'albums, n°1 dans le monde entier. Il inaugure deux recettes industrielles : la moitié de ses dix chansons est publiée en 45-tours ! Et A&M multiplie le merchandising et les objets de promotion déclinés de la pochette, un double stratagème qui se développera jusque dans les années 90. Ses ritournelles pop sont toujours tenaces aujourd'hui, en particulier grâce au milieu de la publicité audio-visuelle : « The Logical Song », « Goodbye Stranger », « Breakfast In America », « Take The Long Way Home »... incontournables de la mémoire collective, qu'on le veuille ou non. Cette véritable indigestion radiophonique mondiale permet à Supertramp de remplir les stades durant toute l'année (108 concerts, dont le Pavillon de Paris à Pantin le 29 novembre, et son concours pour y gagner des places gratuites... truqué). Ce soir-là est enregistré l'inévitable double album live Paris, donnant l'occasion à la maison de disques de refourguer en 45-tours « Dreamer » et « Breakfast In America » dans des versions en public l'année suivante.

Le « Super clochard », qui survit aux vagues punk puis new wave grâce à sa vision poétique positive de la vie, des mélodies flatteuses et des arrangements somptueux, est consacré en France par une grande première : un concert au Parc de Sceaux devant 80.000 personnes en 1982 (record à l'époque), et une autre tournée triomphale, la dernière du genre. Car trois ans après son Petit- déjeuner en Amérique, Supertramp déçoit mais vend encore des centaines de milliers de copies de l'album ...famous last words en novembre 1982, et voit le départ de Roger Hodgson dans la foulée, laissant Rick Davies seul maître à bord d'une usine à tubes qui n'intéresse soudainement plus grand monde, tout comme la carrière solo du déserteur Hodgson. Quelques succès sporadiques maintiennent le quatuor à flot comme l'interminable « Cannonball » et Brother Where You Bound en 1985 (dont la promotion en France voit un régiment de critiques emprunter l'Orient Express direction Venise), mais ni un premier « best of » en 86 (The Autobiographye of Supertramp) et un nouvel album « live » en 1988 ne renflouent les caisses, et Davies congédie ses musiciens à la fin de cette année-là.

Le come back du clochard

En 1997, Richard Davies revitalise son groupe en conservant John Helliwell, et propose de gentilles mélodies teintées de jazz et de funk pour Some Things Never Change (en effet...), et récidive seulement cinq ans plus tard avec Slow Motion, dans l'indifférence quasi générale, comme en témoigne en 2006 un troisième album live incongru tant les versions sont semblables aux versions originales, enregistré neuf ans plus tôt !

Supertramp semble faire partie désormais des meubles, mais il ne faut pas oublier son succès planétaire mérité durant dix ans et sa bonne humeur, ses mélodies et ses voix qui ont tant enchanté une génération d'amateurs de rock inoffensif et tellement agréable à l'oreille.

Copyright 2014 Music Story Jean-Noël Ogouz

Supertramp (« Super clochard », le titre d'un roman de W. H. Davies de 1908) s'est constitué à Londres autour de Richard Davies (claviers et chant - né le 22/7/1944) et Roger Hodgson (basse, chant et guitare - 21/3/1950), avec Richard Palmer (guitares et chant) et Robert Miller aux percussions. Le groupe prend son envol grâce à l'étonnant parrainnage d'un milliardaire hollandais, Stanley Miesegaes, qui leur offre des moyens considérables pour enregistrer. Après un premier album sans relief, Davies et Hodgson remplacent ces deux derniers par Frank Farrell et Kevin Currie, tout en étoffant leur son avec le saxophoniste et flûtiste Dave Winthrop pour un deuxième album en 1971, Indelibly Stamped, dont on remarqua surtout... la pochette d'un goût douteux. Mais le tandem possède déjà un bon sens de la mélodie subtile qui intrigue et fait parfois mouche (« It's A Long Road ») et des rythmiques sophistiquées (« Nothing To Show »), rappelant quatre autres groupes rock britanniques essentiels : Moody Blues, Procol Harum, Traffic et Caravan.

Le crime du siècle

C'est un nouvel échec mais la branche anglaise de sa compagnie de disques américaine, A&M, est confiante et persiste à soutenir les deux auteurs-compositeurs. Ils écrivent pendant trois ans un concept album et refondent totalement leur groupe en engageant une solide section rythmique, le batteur américain Bob Benberg (né Siebenberg le 31/10/1949) et le bassiste écossais Dougie Thomson  (24/3/1951), transfuges du groupe de pub rock irlandais Bees Make Honey, et surtout dénichent un saxophoniste et clarinettiste hors pair, John Anthony Helliwell (ex-Alan Bown Set - 15/2/1945), qui étoffe considérablement leur sonorité. Et en effet, à l'automne 1974 paraît Crime Of The Century co-produit avec Ken Scott, tour de force étonnant, dénonciation du système de l'instruction publique en Grande-Bretagne (l'un des thèmes de The Wall de Pink Floyd paru cinq ans plus tard) et de l'aliénation mentale. Les arrangements y sont toujours surprenants, le climat est dramatique et évocateur, les mélodies souvent attachantes, assez complexes mais accessibles immédiatement et accrocheuses. De l'intro à l'harmonica de Davies sur « School » et son piano sautillant, à la débauche de cordes sur le final grandiloquent « Crime Of The Century », l'ensemble est une vraie réussite malgré quelques longueurs. Les stations de radio grandes ondes s'en emparent en France (« Dreamer » comme en Grande-Bretagne, et « Bloody Well Right » aux Etats-Unis), le public suit et il s'y en vend un demi-million d'exemplaires, chiffre énorme pour un groupe de rock étranger à l'époque.

Alors qu'au moment de sa promotion, Supertramp était programmé au Bataclan à Paris ; une quinzaine de spectateurs était présente (et non huit payants, comme le veut la légende imprimée sur l'album Paris). Leur promoteur a déclaré cinq ans plus tard avoir acheté six tickets « pour que les musiciens ne soient pas trop démoralisés ») ; en fait, il s'agissait d'invitations, et une seule personne avait acquitté son entrée. En grands professionnels, les musiciens ont « assuré » comme s'ils jouaient devant un public plus nombreux.

La crise ? Quelle crise ?

Fort de ce succès tardif, la même formation enfin stabilisée propose quatorze mois plus tard en pleine récession économique mondiale un Crisis ? What Crisis ? falot et plus centré sur les textes humoristiques de Davies, la meilleure part revenant aux guitares sèches. Elle s'installe aux Etats-Unis et au printemps 1977 en pleine explosion du punk rock, Supertramp (le groupe à abattre !) propose bien entendu à contre courant sa meilleure réalisation (de l'avis des amateurs), Even In The Quietest Moments..., porté vers un succès commercial confortable grâce au gentillet « Give A Little Bit », mini-festival de guitares sèches cristallines et de voix à l'unisson. La recette « changements de rythme et répons » (et quelques emprunts discrets au répertoire de musique classique...) fonctionne toujours aussi bien, et va faire la fortune du duo Davies/Hodgson deux ans plus tard.

Jus d'orange

En effet, en mars 1979, le monument Breakfast In America clôt la décennie en devenant l'une de ses vingt meilleures ventes d'albums, n°1 dans le monde entier. Il inaugure deux recettes industrielles : la moitié de ses dix chansons est publiée en 45-tours ! Et A&M multiplie le merchandising et les objets de promotion déclinés de la pochette, un double stratagème qui se développera jusque dans les années 90. Ses ritournelles pop sont toujours tenaces aujourd'hui, en particulier grâce au milieu de la publicité audio-visuelle : « The Logical Song », « Goodbye Stranger », « Breakfast In America », « Take The Long Way Home »... incontournables de la mémoire collective, qu'on le veuille ou non. Cette véritable indigestion radiophonique mondiale permet à Supertramp de remplir les stades durant toute l'année (108 concerts, dont le Pavillon de Paris à Pantin le 29 novembre, et son concours pour y gagner des places gratuites... truqué). Ce soir-là est enregistré l'inévitable double album live Paris, donnant l'occasion à la maison de disques de refourguer en 45-tours « Dreamer » et « Breakfast In America » dans des versions en public l'année suivante.

Le « Super clochard », qui survit aux vagues punk puis new wave grâce à sa vision poétique positive de la vie, des mélodies flatteuses et des arrangements somptueux, est consacré en France par une grande première : un concert au Parc de Sceaux devant 80.000 personnes en 1982 (record à l'époque), et une autre tournée triomphale, la dernière du genre. Car trois ans après son Petit- déjeuner en Amérique, Supertramp déçoit mais vend encore des centaines de milliers de copies de l'album ...famous last words en novembre 1982, et voit le départ de Roger Hodgson dans la foulée, laissant Rick Davies seul maître à bord d'une usine à tubes qui n'intéresse soudainement plus grand monde, tout comme la carrière solo du déserteur Hodgson. Quelques succès sporadiques maintiennent le quatuor à flot comme l'interminable « Cannonball » et Brother Where You Bound en 1985 (dont la promotion en France voit un régiment de critiques emprunter l'Orient Express direction Venise), mais ni un premier « best of » en 86 (The Autobiographye of Supertramp) et un nouvel album « live » en 1988 ne renflouent les caisses, et Davies congédie ses musiciens à la fin de cette année-là.

Le come back du clochard

En 1997, Richard Davies revitalise son groupe en conservant John Helliwell, et propose de gentilles mélodies teintées de jazz et de funk pour Some Things Never Change (en effet...), et récidive seulement cinq ans plus tard avec Slow Motion, dans l'indifférence quasi générale, comme en témoigne en 2006 un troisième album live incongru tant les versions sont semblables aux versions originales, enregistré neuf ans plus tôt !

Supertramp semble faire partie désormais des meubles, mais il ne faut pas oublier son succès planétaire mérité durant dix ans et sa bonne humeur, ses mélodies et ses voix qui ont tant enchanté une génération d'amateurs de rock inoffensif et tellement agréable à l'oreille.

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