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Entre voyage culturel et rêve sensoriel, le lecteur est entraîné dans un sillage à peine marqué, presque évanoui sitôt le mot lu, guidé au cours d'une promenade tout en confidence où il apprend que Proust conteste à la lecture le statut de geste de communication spirituelle que Ruskin lui confère. Si, pour Proust, la lecture opère bien le miracle de la communication au sein de la solitude, elle demeure pourtant au seuil de la vie spirituelle et ne saurait s'y substituer.
La démonstration se déploie au gré de la mémoire, nourrie de quelques auteurs et de quelques peintres dont le souvenir affleure et dont le nom est chuchoté. De cet ouvrage de critique intimiste, le lecteur retiendra un murmure, une qualité, et le plaisir d'avoir appris à lire. --Sana Wauters
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Pour aborder Proust sans crainte,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sur la lecture (Poche)
Ces pages écrites d'abord pour une préface à un livre de Ruskin (que Proust a traduit) sont un bon moyen de découvrir Proust, écrivain monumental, impressionnant, que beaucoup de lecteurs n'osent pas aborder. Ici, l'effort à fournir est récompensé : la première moitié nous donne un échantillon de la langue de Proust aux phrases qui s'étirent et s'enroulent comme les pousses d'une plante vivace pour décrire ses souvenirs de lecture ; la seconde moitié fournit une démonstration du Proust-penseur, cultivé, exigeant.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Un pur bonheur.,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sur la lecture (Broché)
Magnifique !
Déjà, dans ce petit texte, la matrice de certaines préoccupations développées dans "La Recherche...". Ainsi, Charles Swann sera décrit comme une sorte d'artiste potentiel, passif et stérile (ce que la narrateur de "La Recherche..." manquera d'être, et dont il sera sauvé in extremis grâce aux réminiscences qui vont lui inspirer son oeuvre dans 'le Temps retrouvé' : et notamment la relecture de passages d'un livre lu pendant l'enfance) ; ici Proust s'attache précisément à démontrer que la lecture n'est pas l'activité supérieure que l'on décrit parfois (et en particulier Ruskin, auteur dont ce petit texte de Proust assure la préface) : utilisée comme outil d'érudition, elle est vaine ; elle ne profite réellement qu'à l'artiste qui en fera une source d'inspiration pour créer sa propre oeuvre : en somme pour être Proust, plutôt que Swann.. Au passage, illustrant les agréments de la lecture et la manière avec laquelle elle se vit (devenant par là susceptible d'être inspiratrice), Proust nous livre quelques tableaux et anecdotes qu'il développera dans "La Recherche.." en particulier ses heures de lecture à Combray. Sa virtuosité (alliage inséparable d'intelligence et de sensibilité, coulé dans une langue parfaitement efficace) est ici déjà totale. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
4.0 étoiles sur 5
De l'univers intérieur,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sur la lecture (Broché)
Il faut absolument lire les vingt-cinq premières pages de ce petit livre où Marcel Proust se rappelle ses lectures d'enfances et comment il était perturbé de son monde intérieur par tous les évènements de la vie réelle. Tout lecteur absorbé dans sa lecture peut avoir les mêmes mots. Pour le reste, Proust conteste le fait que la lecture soit un dialogue avec les auteurs du passé, consistant plutôt à recevoir une communication d'une autre pensée dans la solitude. Il explique également comment la lecture peut être une discipline curative pour certains malades neurasthéniques. On pourrait imaginer l'auteur comme l'archétype du personnage qui s'enferme dans les livres et dans sa chambre (si, si) mais Proust souligne : " Tant que la lecture est pour nous l'initiatrice dont les clefs magiques nous ouvrent au fond de nous-mêmes la porte des demeures où nous n'aurions pas su pénétrer, son rôle dans notre vie est salutaire. Il devient dangereux au contraire quand, au lieu de nous éveiller à la vie personnelle de l'esprit, la lecture tend à se substituer à elle, quand la vérité ne nous apparaît plus comme un idéal que nous ne pouvons réaliser que par le progrès intime de notre pensée et par l'effort de notre coeur, mais comme une chose matérielle, déposée entre les feuillets des livres comme le miel tout préparé par les autres et que nous n'avons qu'à prendre la peine d'atteindre sur les rayons des bibliothèques et de déguster ensuite passivement dans un parfait repos de corps et d'esprit". Bref, voilà un petit opuscule qui ravira ceux et celles qui s'intéressent au phénomène de la lecture, et aux lecteurs. Le lecteur est averti que la prise de connaissance de ce livre a pour conséquence d'avoir un rapport au texte qui soit proche de l'humilité car il faut s'adapter à la "respiration" de l'écriture proustienne, ample et déliée. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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