Albert W. Ketèlbey est sans doute le compositeur de musique légère anglaise le plus connu, et aussi l'un des hérauts de la musique évocative. Ce disque ne fourni pas une version intégrale de son oeuvre, mais offre une sélection judicieuse de morceaux bien interprétés.
L'Angleterre a connu une vie musicale particulièrement riche au XXe siècle, mais compositeurs et compositions ont souvent été rangés sous l'étiquette de "musique légère". Cette musique légère s'opposerait à une musique savante. On ne peut que regretter de tels classements, surtout quand les oeuvres en question sont subtiles, raffinées, bien écrites. Parmi cette large production émerge donc la musique évocative. C'est une musique à programme qui vise à recréer, par son rythme, son orchestration, ses sonorités, une ambiance particulière, et donc à évoquer une scène. En quelque sorte, elle veut donner à entendre tout autant qu'à voir. Cette démarche correspond aussi, au début du XXe siècle, à des compositions de musique "sérieuse".
Les titres des morceaux sont donc autant de sujets à évoquer. Le jardin d'un monastère, où surgissent chants d'oiseaux et kyrie lointain ; les prairies verdoyantes où résonnent les cloches ; l'agitation du marché persan... autant de mélodies populaires, de thèmes fameux qui évoquent effectivement des scènes colorées et pittoresques. Certes, il s'agit aussi d'exprimer certains clichés (le jardin du temple chinois). Mais ces petites pièces sont si "british", avec cette touche d'humour, que c'est un vrai régal.
Ketèlbey a enregistré ses oeuvres (disponibles chez Naxos), d'autres compilations sont disponibles. Ce qui permet de distinguer cette version, c'est tout d'abord la qualité des solistes et le luxe que constitue la présence de l'Ambrosian chorus. C'est ensuite la qualité technique de l'enregistrement. C'est enfin le soin du travail réalisé par A. Faris à la tête de son orchestre. Dans une belle stéréophonie, cette version propose un véritable feu d'artifice !