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Commentaires client les plus utiles
38 internautes sur 42 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Ceci n'est pas un livre, c'est un état d'esprit,
Par Nastasia Buergo (France) - Voir tous mes commentaires (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR) (TOP 50 COMMENTATEURS)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sur la route (Poche)
Kerouac n'a pas écrit une histoire. Au début on est tenté de suivre les péripéties des deux gaillards principaux, Sal Paradise alias Jack Kerouac et Dean Moriarty alias Neal Cassady (NB: dans le rouleau original, Kerouac n'a même pas pris la peine de modifier les noms réels des protagonistes, ainsi Neal Cassady, Allen Ginsberg et autres apparaissent directement sous leur véritable identité). Mais au bout d'un moment l'histoire semble patiner et nous avec et puis, d'un coup, paf! On se rend compte que l'histoire n'a absolument aucun intérêt, que la seule chose qui prime c'est l'état d'esprit, le "Mood" pour reprendre un terme de jazz si propre à l'écriture de Kerouac. Soit cela prend et c'est magique, soit cela ne prend pas et c'est une déception cruelle pour le lecteur. Vous aurez compris que pour moi ça a pris, peut-être parce que je l'ai lu "Sur la route" sans but et sans mobile comme les deux protagonistes. Quand cela prend, on n'en ressort jamais complètement indemne, il y a un avant et un après Kerouac. C'est une autre manière de voir la vie. Cela devient de la métaphysique, une philosophie de vie (qui sera développée plus tard dans Les Clochards célestes). Est-ce moral de fuir ainsi tout le temps, d'abandonner ses enfants et ses compagnes comme le fait Dean? Est-ce que ça changerait quelque chose, à l'heure du dernier soupir, de ne pas les avoir abandonnés? Ce livre a le mérite d'exister et de souffler une autre vision de la vie que l'utilitarisme. Faire des choses qui ne servent à rien, juste pour les vivres, juste pour l'éphémère sensation qu'elles vous procurent. Vivre tout à fond, comme si c'était la dernière fois, expérimenter à tout va, la folle vitesse, les folles drogues, les folles orgies, les folles distances, les folles déprimes, les folles rigolades, les folles relations humaines, explorer des terrains inconnus de l'être, de la société, de la morale, de l'espace, vivre 100 vies en une, bref, accumuler des expériences, des expériences, et encore des expériences, quels qu'en soient la nature et le type, se chercher soi-même en une quête sans cesse réitérée au travers de ce que l'on ne connaît pas. Voilà, pour moi, sur la route, c'est tout ça. La devise de ces joyeux drilles pourrait être "peu importe le flacon, pour peu qu'il y ait l'ivresse!".
Le livre sortit en 1957, année mémorable à plus d'un titre, mais en particulier pour l'envoi dans l'espace du fameux satellite artificiel soviétique nommé Spoutnik. Il n'en fallut pas plus à Kerouac pour imaginer le terme de beatnik pour qualifier ces sortes d'électrons libres déguenillés ayant la bougeotte. Kerouac explique le terme "beat" comme faisant référence à trois notions combinées: la première provient des populations noires du métro de New York, littéralement les "battus", oubliés du rêve américain, croupissant dans la misère et l'absence de perspective, mais caractérisés par une sorte d'insouciance, une bonne humeur et une fraternité de tous les instants, couplée à une sérieuse tendance à chanter pour un oui pour un non. La seconde provient de la notion de pulsation, de "battement", terme qui évoque le c½ur, mais aussi et surtout la rythmique du jazz, dont la prose spontanée de Kerouac se veut l'équivalent littéraire des improvisations propres à cette musique. Enfin, n'oublions pas que Kerouac était francophone et que le français était même sa langue maternelle et que donc le terme "beat" fait également écho au terme français "béatitude" dans son sens d'émerveillement simple et naturel devant le spectacle de la nature (humaine ou rencontrée sur la route). Ainsi, l'auteur désigna-t-il sa génération (ceux qui ont fait 39-45 et en sont revenus un peu paumés) comme la "beat generation", clin d'½il à la non moins fameuse "génération perdue" de 14-18, si bien décrite par D. H. Lawrence dans L'Amant de Lady Chatterley et dont l'écrivain Ernest Hemingway en est l'archétype. A titre de comparaison, si vous avez l'occasion, lisez cet autre "Sur la route" qu'est Voyage à motocyclette : Latinoamericana de Che Guevara et vous verrez un tout autre effet du fait de voyager sans but. D'une certaine manière, c'est la même histoire, les mêmes protagonistes, mais le hasard a fait qu'ils n'ont pas croisé la même réalité et qu'elle n'a pas eu les mêmes effets sur eux. Ceci engendre une autre métaphysique qu'il n'est pas inintéressant de confronter. Enfin, est-il utile de préciser que le "Sur la route" de Kerouac est dans la lignée des romans américains qui tirent leur origine du monument de Melville, Moby Dick, j'en veux pour preuve la première et la dernière page du roman. Dans la première, le héros ressemble à s'y méprendre au Ishmaël de Melville et dans la dernière, Kerouac compare l'Amérique à un ventre géant et allongé, allusion à peine masquée à la grosse baleine tueuse. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
56 internautes sur 65 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Clochard céleste éternel,
Par Priéto Raphaël (Caen, France) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sur la route (Poche)
Depuis 40 ans, il hante les rêves, beaucoup d'écrivains, poétes, musiciens le cite. Jack Kérouac et l'image d'une amérique qui refuse son identité. Ses amis et lui on crée une nouvelle poésie, héritage de Walt Whitman, Thoreau, tous amoureux d'une certaine liberté, celle de l'homme et de la nature. D'un refus de l'ordre établie. Anti-guerrier, bien que Kérouac ai servit dans la marine. Dans sur la route, l'errance en compagnie de Neil Cassady transformé pour les besoin du livre. Ecrit en deux jours, sous drogue, sur du papier dérouleur à fax, pour ne pas couper ses texte. On sent pointé un début de son attirance pour les religions asiatiques (boudhisme plus précisement). Loin d'être une ode à la drogue, commer certains pourraient croire. Sur la route et le reflet d'une amérique qui veut s'émanciper, des personnes clochardisés au coeur tendre. Loin de la barrière des couleurs. Un amour de la vie, une recherche de soie. La volonté de vivre d'autres sensations. De briser une moral établie. Ce livre est à lire. Simplement pour savoir, que tout est possible, et que ce n'est pas simplement, l'histoire d'un autre temps.A lire absolument. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
9 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
On the road again,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sur la route (Poche)
De retour au pays après les ravages de la seconde guerre, Sal Paradise, le narrateur, de retour aux USA, a du mal à rester en place. Il fait la connaissance de Dean Moriarty, un jeune gars un peu fou, un peu exalté, séducteur et enragé, qui lui fera goûter aux plaisirs de la route, et l'encouragera à parcourir l' Amérique, d'est en ouest, du nord au sud, jusqu'au Mexique.
Des voyages décousus, pas toujours cohérents, parcourus et reparcourus, sans d'autres buts avoués que l'amitié, la conduite, les bières et les filles...Une quête de la subjectivité, qui repousse les barrières d'un monde en pleine reconstruction, et adresse un hymne à la vie la plus simple, au-delà de toutes considérations pathétiques de la pauvreté ou de la folie. C'est surtout le lien qui unit Sal à Dean, la fascination qu'exerce ce dernier, qui fait fil directeur dans ce roman sans véritable intrigue. Dean ouvre les premières pages et referme les dernières, il est omniprésent, et ce même dans ses absences (le premier tiers du récit, où le narrateur déplore de ne pas avoir pu le voir de tout son voyage). Comme tous les totems, Dean demeure l'élément inquiétant et imprévisible, capable du pire comme du meilleur, celui qui pousse jusqu'au bout cet état d'esprit. On le sait, "Sur la route" est le livre emblématique de la «beat génération», roman autobiographique d'un de ses fondateurs, où se côtoient, à couvert de pseudonymes, les différents tenants du mouvement. Mais Dean, de son vrai nom Neal Cassidy, est le seul à ne pas avoir procédé à se "retour sur lui-même" de l'écriture, il est le seul à être resté dans la pure subjectivité du vécu. En ce sens ce roman lui est dédié, car il incarne réellement cet élan, compris comme une volonté de puissance, ignorante d'elle-même, pour user du vocabulaire de Nieztsche. Un style, un mouvement, une ambiance, rendent la lecture de ce roman pourtant fleuve, aisée et fluide. Et c'est un goût de liberté, l'apparente facilité du départ, qui dégorgent de ce récit, qui jetèrent sans doute sur les routes des centaines de jeunes, à la recherche de cet enchaînement de "hasards objectifs" comme se plaisent à le dire les surréalistes, qui finalement construisent ce véritable road trip. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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