"Sur les traces de Chet Baker" aux Editions Rivages/Noir... Ces deux éléments ne peuvent qu'attirer les amateurs de jazz et de polar. Chet Baker était un immense trompettiste dit "west coast", au style "cool". C'est aussi un homme qui a vécu à 200 km/h, brûlant sa vie par tous les bouts, et vaincu beaucoup trop jeune par ses démons. C'était un junkie, en recherche quotidienne de ses doses d'héroïnes, alternant séjours en prison, exil, concertq purement alimentaires, et des moments de grâce absolue, de création intense. Un personnage de roman, assurément.
Le point de départ de ce livre, est de comprendre quelles furent les dernières heures de Chet Baker, retrouvé défenestré à Amsterdam. Accident, suicide, meurtre ? Le pianiste et détective privé Evan Horne mène l'enquête...
Ce livre qui avait tout pour me plaire m'a en fait un peu déçu. Sans doute en attendais-je trop. Le mélange jazz/polar ne prend pas tout à fait. L'intrigue n'est finalement pas si tortueuse que cela, assez simpliste même, et l'auteur ne parvient pas à nous la rendre passionnante. Son style d'écriture est relativement classique, loin d'égaler l'émotion divulguée par un solo de Baker. L'auteur semble hésiter entre deux directions : parler de musique, de création, d'art, de son idole, et mener son récit policier. Les trop rares paragraphes parlant de Chet Baker, de ses enregistrements, ses concerts, sont intéressants, mais pas suffisamment dévellopés pour être tout à fait passionnants. De même les passages décrivant les concerts du héros Evan Horne, ne parviennent pas à nous faire comprendre l'alchimie des musiciens de jazz qui se lancent dans des improvisations. Bref, le livre est hésitant. A vouloir mélanger les genres, il n'en aborde aucun de façon pertinente.
Reste une lecture agréable, sans surprise, mais aux antipodes de ce qu'un personnage aussi entier que Chet Baker, était en droit d'inspirer à un grand écrivain.