1999 : ambiance fin de siècle, goût d'après-rave, le Big Beat commence à patiner dans la répétition (boum-boum).
Pourtant, insensibles à la fatigue, les Chemical Brothers continuent de produire leur electronica festive, mâtinée ici ou là de haltes salvatrices et douces : "chill out" pendant lesquels passe un ange (ou l'avion d'une pub célèbre), en la personne de la délicate Hope Sandoval ("Asleep from Day"), juste avant de vous ramener sur terre, dans le manège de foire insensée qu'est "Hey Boy, Hey Girl", chenille électronique à la démence monstrueuse. Cette ambiance forraine et acide colore tout l'album, plus particulièrement dans "Out of Control" (et ses montées d'hormones),la collaboration du maitre Bernard Sumner avec les frères chimiques donnant un hymne hybride qui semble revisiter vingt ans de pop synthétique et électronique. Enfin, "Let forever be" (emmené par Noel Gallagher)rappelle le classique "Setting Sun", tandis que "Dream On" (Jonathan Donahue de Mercury Rev se colle aux guitares) conclut le tout dans une ambiance kaleïdoscopique proche du standard "The Private Psychedelic Reel" : à cause de cet air de déjà-vu, certains fans ont préféré en rester au définitif "Dig your own hole" : il est vrai que la répétition ne peut pas être placée n'importe où dans la "technosphère", et que ce disque, sans être révolutionnaire d'un point de vue strictement électronique, n'en est pas moins une brillante synthèse de courrants contradictoires (Big Beat, ambient, synth-pop, etc.): à ce titre, il est indiscutablement un grand disque "rock" (au sens le plus large du terme), en même temps qu'une prodigieuse foire techno à l'attraction irrésistible !