Adaptée d'un roman du gallois Terry Nation (1930-1997 ; c'est lui qui a imaginé les Daleks de 'Dr. Who' en 1963, mais il a également travaillé sur 'Le Saint', 'Chapeau melon et bottes de cuir' et 'Amicalement vôtre'), 'Survivors' est la nouvelle adaptation télévisée d'un thème que les sujets de sa très gracieuse Majesté avaient déjà traité en 1975/77 sous la même forme : en deux saisons de six épisodes de 50mn chacune (sauf le pilote qui dure 90mn), cette création d'Adrian Hodges nous plonge en Enfer sur Terre après que 99% des êtres humains aient été éradiqués par un virus dévastateur.
Bienvenue dans le Nouveau Monde : comme des nourrissons sans défense qui ont oublié ce qu'est la condition humaine et qui vont devoir tout réapprendre, les rares personnes qui ont survécu doivent enterrer leur ancienne vie pour en trouver une autre. Toutes les infrastructures se sont effondrées et les règles ont changé ; et comme l'Homme n'est pas bon par nature, les survivant, qui se sentent seuls et ont peur, se rencontrent, forment de petits groupes, s'arment et s'organisent pour le mieux dans le moins bon des mondes.
Durant la première saison, nous suivons plus particulièrement une poignée de personnages qui constituent un échantillonnage évidemment totalement représentatif de notre société si tristement humaine, en l'occurrence une mère de famille à la recherche de son fils (l'écossaise Julie Graham, vue dans 'William et Mary') et un afro-anglais désirant au départ faire cavalier seul, mais qui va s'attacher à cette femme (Paterson Joseph, vu dans 'La plage', 'AEon flux' et 'Jekyll'), un gamin d'origine indienne (Chahak Patel) et un jeune et riche Koweïti (Phillip Rhys) qui l'a pris sous son aile, une jeune femme médecin (Zoe Tapper), un ancien taulard (Max Beesley) et une 'blonde' (Robyn Addison). Ensemble ils ont à faire face à des individus comme à des groupes d'individus pas toujours bien intentionnés, ainsi l'abominable Dexter, un seigneur de la guerre local (Anthony Flanagan, vu dans 'Shameless, la version brit.', 'Life on Mars', 'Being human'), la seule survivante de l'ancien gouvernement (l'anglo-nigériane Nikki Amuka-Bird, vue dans 'L'agence n°1 des dames détectives' et 'Luther'), une véritable graine de dictatrice, qui s'est installée dans un confortable fortin entourée de quelques amateurs d'ordre, et un mystérieux labo très organisé, disposant d'un hélicoptère et d'hommes de main armés, et dont le dirigeant veut à tout prix pouvoir mettre au point le vaccin qui protégera définitivement les survivants...
Dans la deuxième saison, la mère de famille (qui est la seule personne qui ait été victime du virus et dont l'organisme ait réussi à résister à celui-ci de manière absolument naturelle), enlevée par le Labo qui veut en faire la source du futur vaccin, se retrouve emprisonnée pendant que son ami afro-anglais, grièvement blessé par balles, est entre la vie et la mort, soigné par la jeune doctoresse momentanément enfouie sous les décombres de l'hôpital dans lequel elle s'apprêtait à récupérer du matériel et des médicaments pour le traiter. Nous continuons de découvrir au fil des épisodes le passé des différents protagonistes tout en les accompagnant dans leurs nouvelles mésaventures face à leurs anciens comme à de nouveaux adversaires...
L'espèce humaine, meurtrie mais non vaincue, se montre, dans ce feuilleton, telle qu'elle est et ce n'est pas toujours beau à voir : certains groupes sont pacifiques et d'autres nettement moins ; les femmes deviennent des proies ; les enfants représentent l'espoir ; les tenants de l'ordre établi ne veulent qu'une chose, en l'occurrence restaurer celui-ci ; les nouveaux prophètes et les nouveaux petits chefs abondent ; l'incertitude et la peur dominent ; rien ne va plus. Excellemment écrit, réalisé avec soin (et surtout sans effets spéciaux) et formidablement interprété, 'Survivors', réaliste et crédible, qui s'inscrit plutôt dans la veine du 'Temps du loup' de l'autrichien Michael Haneke que de 'Je suis une légende' avec Will Smith, est probablement la mise en images la plus réussie à ce jour, à la télévision comme au cinéma, de l'univers post-apocalyptique. Si vous avez envie de vous faire une petite idée de ce que pourrait être l'étendue des dégâts, rejoignez donc les 'survivors', vous ne le regretterez pas !
A noter : le feuilleton, bien qu'inachevé, a été arrêté à ce moment-là et n'a donc pas de vraie fin...