Johan Svendsen (1840-1911) fait partie de ces compositeurs nordiques éclipsés par la notoriété de Grieg et Sibelius, tout au moins sous nos latitudes.
Et pourtant, son écriture se révèle très plaisante, avec des mélodies séduisantes et un grand talent d'orchestration.
Les mouvements lents se parent d'émois schubertiens (magnifique "andante sostenuto" de la seconde symphonie), tandis qu'une écriture plus rhapsodique innerve les mouvements vifs, que l'on dirait sortis de la plume d'un Dvorak ou d'un Tchaïkovski
Comparées à celles du Suédois Franz Berwald, les idées musicales sont davantage menées à terme et les proportions sont moins originales mais mieux équilibrées.
Bref, si vous connaissez déjà par coeur les grandes symphonies romantiques et que vous êtes curieux d'élargir votre répertoire, le compositeur norvégien sera une revigorante découverte.
Quant à l'interprétation, inutile de préciser que la concurrence discographique est quasi inexistante.
La baguette de Mariss Jansons se montre ferme et énergique, et la Philharmonie d'Oslo aussi inspirée que disciplinée, défend fièrement l'oeuvre de son compatriote.