Peter Blake a dessiné la pochette de ce double disque de Pentangle, sorti en 1968, la même année que son album éponyme. Peter Blake, pour les profanes, c'est l'auteur de la couverture graphique de Sergent Pepper's Lonely Hearts Club Band des Fab Four. Ce disque consiste, pour première partie, en un enregistrement d'un concert du 29 juin 1968 (Royal Festival Hall) et pour l'autre, en un travail de studio (IBC Studio à Londres en août 1968). Il traduit bien l'aisance du groupe du duo Jansch/Renbourn sur la scène anglaise et sa grande faculté à surfer dans divers univers musicaux, le folk, le celte, le médiéval, le blues, la pop et le jazz, que ce soit en visitant le répertoire d'autres (comme Charlie Mingus notamment), la musique ancienne ou au travers de ses propres compos. Beaucoup voit en ce Sweet Child la référence Pentangle. Je le trouve cependant un peu inégal, partagé entre de véritables pépites et certaines autres interventions moins savoureuses et moins accrocheuses. Simple et complexe à la fois, il permet à Renbourn de monter en première ligne et de séduire par son jeu de guitare tout en douceur, et à Jacqui McShee de se servir de son organe vocal comme d'un instrument, d'y poser une voix cristalline, peut-être la plus belle que le rock ait connu. Soutenu par le toucher de basse velouté (ou plutôt de contrebasse) de Danny Thompson (le fidèle accompagnateur du génial et regretté John Martyn) et le travail des deux sublimes musiciens que sont Jansch et le batteur Cox, ce disque est très représentatif de ce qu'était le Pentangle magique de la fin des années 60. Le pionnier d'un folk baroque unique. L'idée était audacieuse et novatrice certes, elle fut payante surtout. No More My Lord, So Early In The Spring, Haitian Fight Song, Three Dances, A Woman Like You, Bruton Town (sur la partie live) sont les arrêts de rigueur. La partie studio, entièrement acoustique, vaut surtout par Three Part Thing, Moon Dog, le beau et douloureux The Trees They Do Grow High et Soway. Y'a donc de quoi faire...