Du rythme, des changements de rythme, des mélodies qui n'en finissent pas de changer aussi, le tout enchaîné à grande vitesse, avec virtuosité et beaucoup d'improvisation... Ce live démontre, à qui l'ignore, que Sweet Smoke est un groupe de scène, à la Dead, toutes proportions gardées. Les gars de Brooklyn, exilés en Allemagne, nous balancent à la tronche une petite merveille de live. J'imagine le chichon qui doit tourner dans le public...Et sur scène, les cocos ne doivent pas sucer des glaçons ou repousser le tarpé. Sweet Smoke, c'est l'osmose avec le public. Ca dure 37 minutes, ventilées entre une face A façon jam (First Jam de 19'15) et une face B (18'02) sur laquelle ils remettent le couvert, dans la même teneur, avec le même dynamisme, la même joie de jouer, le même plaisir de s'éclater en communauté. Vous avez droit avec un Marvin Kaminowitz (le seul à être encore dans la musique, il fait des p'tits bals du samedi soir) qui déchire à la guitare sur First Jam. Du grand art ! Shadout Mapes oscille entre le jazz et le blues, il vous sert sur un plateau de jolies mélodies, mais c'est moins fou que la face A. Plus posé, plus calme. Et des artistes au top. Encore plus paisible (et ce n'est pas plus mal), Ocean Of Fears, c'est Darkness To Light sur scène. Même genre. Et toujours des énormes prestations des musicos, Kaminowitz en tête. Ce genre de disque, ça ne fait pas de mal. Je ne l'écouterais pas tous les jours mais il reste une valeur sûre du groupe qui clôturera sa carrière sur cette prestation enregistrée à Berlin en 1974.