A l'honneur sur ce disque, tout d'abord la "Symphonie espagnole" opus 21 (1874) d'Edouard Lalo (1823-1892), en fait un concerto pour violon et orchestre en 5 mouvements, créée en 1875 par le violoniste Pablo de Sarasate (1844-1908) ; ensuite « Zigeurnerweisen » (1863) ou « Airs tziganes » de Sarasate précisément ; enfin, la célèbre « Méditation » pour violon et orchestre, extraite de l'opéra « Thaïs » (1894) de Jules Massenet (1842-1912).
La « Symphonie espagnole », lyrique et fière, met à l'honneur des rythmes et airs espagnols à la mode à l'époque : sur la même veine d'inspiration, Georges Bizet (1838-1875) lance son opéra « Carmen » en 1875, tandis que Camille Saint-Saens (1835-1921) écrit « Introduction et rondo capriccioso » en 1863 (là aussi pour Sarasate...), le concerto pour violon n°3 en 1880, « La Havanaise » en 1887, le « Caprice andalou » en 1904... toutes pièces qui mettent le violon aux couleurs flamboyantes du soleil de l'Espagne.
Avec « Zigeurnerweisen », c'est une plongée au coeur du folklore bohémien sous la forme d'un mini concerto : trois parties se succèdent, alternant lyrisme, danse et virtuosité.
La « Méditation », qui conclut le disque, pièce romantique par excellence, ne peut qu'émouvoir écoute après écoute.
Les enregistrements datent de 1984 (Lalo/Sarasate) et de 1980 (Massenet).
Les orchestres sont en pleine forme, les tempos sont adéquats, les prises de son sont excellentes, et le violon d'Anne-Sophie Mutter, alors au début de sa carrière, est parfait : pureté du son, expression et chaleur du jeu.