La 8e de Mahler, symphonie mystique totalement démesurée, est difficile à réussir: on risque à chaque instant de tomber dans le pompeux et on bénéficie rarement d'une équipe soliste complètement satisfaisante. Cette version, enregistrée en concert en 1994, évite ces deux écueils.
La direction d'Abbado, d'abord, est d'une constante finesse: elle aère la 1ère partie, si facilement grandiloquente, et elle ménage dans la 2ème des moments de mystère mémorables.
Côté chanteurs, c'est tout simplement éblouissant. L'affiche est d'ailleurs à faire pâlir: Cheryl Studer, Sylvia McNair, Andrea Rost, Anne Sofie von Otter, Rosemarie Lang, Peter Seiffert, Bryn Terfel, Jan-Hendrik Rootering, qui ne rêverait d'une telle équipe? Sans compter les voix angéliques (essentielles dans cette œuvre) des enfants du Tölzer Knabenchor!
Je possède plusieurs versions de cette symphonie (Haitink, Ozawa, Inbal, Boulez) mais celle-ci les domine toutes.