Gourou du Groupe des Cinq, sa musique est restée dans l'ombre; d'un côté, c'est normal, c'était un homme de l'ombre, celui qui décidait ou imposait plus ou moins ses vues aux autres, même à ceux qu'il n'aimait pas vraiment (c'est lui qui a mis le Manfred de Byron dans les mains de Tchaïkovsky). Et pourtant, quelle belle 2e symphonie, allante, plaisante, remarquablement architecturée et orchestrée, sans tunnel, sans mouvement dont on pourrait dire : il est superflu. Musique chaleureuse, lyrique avec quelques accents cuivrés jamais tonnants. Plaisant, très plaisant, donc. En prime, un ravissant poème symphonique évoquant les mille ans d'histoire de la Russie, dont vous vous surprendrez à siffloter le thème principal. Naxos a réussi à faire enregistrer l'orchestre de Svetlanov, mais sans Svetlanov. Golovchine dirige sans lourdeur, dans des tempi qui paraissent justes, avec l'évidente volonté de bien faire, mais, petit hic, dans un legato un peu envahissant. Très bonne prise de son.