Boris Blacher est né en 1903 à Newchwang, Manchourie (Chine), de parents germano-russo-asiato-baltes. Dans sa jeunesse, il fit ses études musicales à Reval (Tallinn), Russie (Estonie), à Irkoutsk, Russie et à Harbin, Manchourie (Chine), au gré des déplacements familiaux. Il étudia l'architecture et les mathématiques à la Technische Hochschule de Berlin en 1922 et, à partir de 1924, la musicologie avec et Erich von Hornbostel (1877-1935), Arnold Schering (1877-1941) et Friedrich Blume (1893-1975) à l'université, et fut l'élève en composition de Friedrich Ernst Koch (1863-1927) à la Musikhochschule. En 1938, il enseigna la composition au Conservatoire de Dresde, mais perdit son poste en 1939, étant accusé de composer une musique « dégénérée ». A partir de 1948, il enseigna à la Musikhochschule de Berlin-Ouest (Berlin), établissement qu'il dirigera de 1953 à 1970. Parmi ses élèves, on peut citer Isang Yun (1917-1995), Gottfried von Einem (1918-1996), Herbert Kegel (1920-1990), Fritz Geißler (1921-1984), Claude Ballif (1924-2004), Heimo Erbse (1924-2005), Klaus Huber (né en 1924), Giselher Klebe (né en 1925), Francis Burt (né en 1926), George Crumb (né en 1929), Richard Wernick (né en 1934), Noam Sheriff (né en 1935), Maki Ishii (1936-2003), Aribert Reimann (né en 1936), ou Kalevi Aho (né en 1949). Parmi ses oeuvres majeures, on peut noter vingt-quatre Préludes et trois Sonates pour piano, sept Etudes « Ornamente » pour piano en mètres variables, une Sonate pour violon solo, l'Etude électronique « Der Astronaut Major Cooper umkreist die Erde », « Jazz-Koloraturen » pour soprano, saxophone alto et basson, cinq Quatuors à cordes, « Blues, Espagnola und Rumba philharmonica » pour douze violoncelles, un « Divertimento » pour orchestre à cordes, des « Variations » et deux Concertos pour piano et orchestre, un Concerto pour violon, un Concerto pour alto, un Concerto pour violoncelle, un Concerto pour clarinette et orchestre de chambre, un Concerto pour deux trompettes et deux orchestres à cordes, « Concertante Musik », « Paganini-Variationen », « Music for Cleveland » et « Poème » pour orchestre, une Symphonie, plusieurs Opéras, dont « Fürstin Tarakanowa », « Die Flut », « Rosamunde Floris », « Zwischenfälle bei einer Notlandung », « Zweihunderttausend Taler » et « Yvonne, Prinzessin von Burgund », le Ballet-opéra « Preußisches Märchen », plusieurs musiques de ballet, dont « Chiarina », « Hamlet », « Lysistrata » et « Tristan », l'Oratorio « Der Großinquisitor », un Requiem, « Gesang der Rotationsmaschinen » pour choeur mixte, ainsi que des Lieder.
Karl Amadeus Hartmann naquit en 1905 à Munich (Allemagne). Il entra en 1924 à la Staatliche Akademie der Tonkunst de Munich ; il y resta jusqu'en 1927, étudiant sous la direction de Joseph Haas (1879-1960). Profondément épris de démocratie, Hartmann assista avec consternation à l'arrivée au pouvoir d'Adolf Hitler et à l'avènement du Troisième Reich en 1933 mais, plutôt que de choisir l'exil, il préféra demeurer en Allemagne, en se retirant toutefois complètement de la scène musicale allemande, tandis que certaines de ses oeuvres étaient jouées à l'étranger ; dès 1934, il avait dédié le poème symphonique « Miserae » aux prisonniers du camp de concentration de Dachau, ouvert l'année précédente. Pendant la seconde guerre mondiale, il se lia avec Anton Webern (1883-1945) puis, après la guerre, sortant de sa longue relégation volontaire, il cumula des fonctions officielles à Munich et en Bavière. Il est mort en 1963 à Munich. Parmi ses oeuvres majeures, on peut noter deux Sonates pour piano, quatre Sonates pour violon solo, deux Quatuors à cordes, la « Suite dansante » pour Quintette à vent, un « Petit concerto » pour quatuor à cordes et percussions, « Fugue-Scherzo » pour orchestre de percussions, un « Kammerkonzert » pour clarinette, quatuor à cordes et orchestre à cordes, un Concerto pour piano, instruments à vent et percussions, le « Concerto funèbre » pour violon et orchestre à cordes, un Concerto pour trompette et orchestre de chambre à vent, le Double Concerto pour alto et piano accompagnés d'instruments à vent et de percussions, le poème symphonique « Miserae » déjà cité, huit Symphonies, « Wachsfigurenkabinett », cycle de cinq opéras comico-fantasiques (« Leben und Sterben des heiligen Teufels », « Der Mann, der vom Tode auferstand », « Chaplin-Ford-Trott », « Fürwahr ...?! », et « Die Witwe von Ephesus ») sur des livrets d'Erich Bornemann, et « Des Simplicius Simplicissimus Jugend », opéra de chambre d'après Simplicius Simplicissimus de Johann J. C. von Grimmelhausen, une Cantate pour choeur a cappella sur des textes de Karl Marx et de Johannes R. Bechers, une « Messe profane », ou bien encore la « Ghetto Cantata ».