Les cinquième et sixième symphonies de Franz Schubert, si imprégnées de Mozart et Beethoven soit-elles, n'en sont pas moins les oeuvres d'un maître de l'orchestration et de la mélodie. Il développe touts ses mouvements souvent au-delà de ce qu'on pu faire ses prédecesseurs. La sixième est d'une beauté rare, peut-être la plus belle oeuvre symphonique de l'époque romantique.
Les huitième symphonie, que l'on pourrait qualifier de "testament schubertien", est d'une noirceur et d'un lugubre atroces. Schubert nous laisse-là sa résignation à la vie.
La neuvième, d'une puissance incommensurable, est un hymne aux forces de la nature (Schubert composa cette symphonie en partie dans les Alpes autrichiennes).
Karajan passe à mon avis à côté de la huitième, notamment le premier mouvement. Ses tempi sont lents, assez écrasés, malgré la beauté intrinsèque du philharmonique de Berlin. La neuvième est plus énergique, il se plonge à corps (et coeur) perdu dans cette partition si physique soit-elle. On ne perd pas le fil, même lors d'une première écoute ou d'une écoute en aveugle.
Pour une huitième symphonie lugubre, ténébreuse, je conseille Carlos Kleiber et l'O. P. V. (Deutsche Grammophon).