On sait que Haydn était un homme bon, de caractère débonnaire, toujours de bonne humeur et aimable. Profondément catholique, généreux, humain, Il s'attacha à protéger ses musiciens, à réduire les tensions avec leur employeur et les assister dans leur vie privée. Les membres de son orchestre l'appelèrent familièrement « papa Haydn », terme affectueux qu'adopta également Mozart. La postérité gardera cette expression en faisant référence aux titres de « père de la symphonie » ou « père du quatuor à cordes » avec plus ou moins de déférence ou de dérision selon le cas. Les relations amicales qu'il entretenait avec ses musiciens l'amenèrent à être maintes fois témoin de leur mariage ou parrain de leurs enfants.
Cette bonté se retrouve dans les oeuvres de Joseph Haydn, et en particulier les symphonies, domaine ou avec les quatuors à cordes et l'oratorio il déploya réellement son génie. Il fut d'ailleurs à la fin de sa vie considéré comme le plus grand musicien vivant et à sa mort en 1809, Napoléon qui occupait Vienne envoya un détachement pour rendre hommage au musicien lors de son enterrement.
Les symphonies parisiennes de Haydn, au nombre de six, composées en 1785 et 1786 marquent la maturité de Haydn dans ce domaine avant les londoniennes.
Ce sont six chef d'oeuvre et Nikolaus Harnoncourt dont on peut parfois regretter une certaine outrance dans d'autres oeuvres apporte ici à la traduction musicale de ces partitions un niveau de réflexion, d'attention, de soin, de verve et d'imagination jamais approchées. Finesse, justesse esprit musical, joie, génie, voila ce qui frappe dans ces oeuvres au caractère endiablé que l'on écoute en boucle sans se lasser même si les trois disques du coffret font plus de trois heures, mais trois heures qui ont une véritable vertu thérapeutique à vous rendre heureux.
Même si ces symphonies ont connu de beaux enregistrements comme celui de Bernstein, Dorati ou Leonhart, Harnoncourt survole littéralement ses concurrents par la luminosité et la splendeur qu'il arrive à dégager de ces pages, et le romantisme envoûtant qu'il tire des mouvements lents.
Je pense que tout amateur de symphonies et de Haydn en particulier ne peut ignorer ces trois disques, un véritable don, une cure de jouvence qui ensoleillera ses heureux possesseurs.