La cinquième symphonie d'Arnold fut composée en 1961. Toujours d'une grande qualité d'écriture, cette composition continuera de ravir le mélomane le plus exigeant et surtout le plus blasé. Avec son thème initial en forme de point d'interrogation, le premier mouvement développe tout au long une ambiguïté très agréable et multiplie les parties solistes. Le II est très mahlérien dans l'expression, à la fois tragique et lyrique et l'on y retrouvera des échos rappelant les mouvements lents de ses grandes symphonies. Après un scherzo « con fuoco » qui passe à toute allure et où dominent les cuivres et percussions (bien souvent la "marque de fabrique" du compositeur) le IV nous fait entendre une marche typiquement anglaise et toujours beaucoup de contrastes entre les familles d'instruments. Il finit avec le retour, comme dans un songe, du thème lyrique du II.
La symphonie n°6 (datant de 1968) est caractérisée par l'influence qu'a eue la musique de l'époque (jazz, bossa-nova) sur Arnold. Le thème principal subit les attaques permanentes des cuivres et des percussions ; le discours musical multiplie les fragments rythmiques et thématiques et montre encore une fois l'indéniable habileté d'Arnold à jouer avec l'orchestre. Le II, très original, associe la musique d'époque à la mode avec une marche-procession assez angoissante. Le III, est un final « optimiste » à la Chostakovitch, mais, comme son aîné, très ambigu quant au message réel et comporte beaucoup trop d'ironie pour être vraiment sincère.