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Symphony 8 / Kindertotenlieder
 
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Symphony 8 / Kindertotenlieder [Import]

Mahler , Bernstein , Baker , Ipo CD
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Détails sur le produit

  • CD (14 septembre 1999)
  • Nombre de disques: 2
  • Format : Import
  • Label: Sony
  • ASIN : B00000K4J6
  • Autres éditions : CD
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Par Mélomaniac COMMENTATEUR N° 1 1ER COMMENTATEUR DU HALL D'HONNEUR
Format:CD
...Leonard Bernstein confère à la Scène de Faust son entière vitalité dramaturgique.
Dès les violoncelles à 4'08 du Poco Adagio, jouant vraiment « appassionato » comme prescrit la partition (figure 8), on pressent que le rubato expressif va garantir une animation très vivante de ce tableau de montagnes peuplées d'anachorètes.

Les ingénieurs utilisèrent l'acoustique du Walthamstow Assembly Hall pour situer les solistes vocaux dans toute la largeur et la profondeur de l'espace sonore. Mater Gloriosa entendues comme depuis les sphères célestes. Le Pater Ecstaticus de Vladimir Ruzdjak, excentré à gauche, parait même un peu hors cadre...
Au demeurant, cette mise en perspective respecte les indications de Mahler. « Dans les plus hautes et pures cellules » nous disent ainsi les didascalies pour la première apparition du Dr Marianus ("Hier ist die Aussicht frei"), qui ici s'entend d'abord en retrait, derrière le choeur des enfants. Puis la voix de John Mitchinson se place au premier plan pour son solo "Höchste Herrscherin der Welt".

L'ensemble des chanteurs livrent une remarquable prestation. Donald McIntyre, très autoritaire en Pater Profundus. Et quel bonheur de retrouver le timbre inimitable de Norma Procter, qui immortalisera aussi un inoubliable "O mensch gib acht " en 1970 dans la Symphonie n°3 avec Jascha Horenstein.
Le compositeur avait prévu un choeur de femmes pour les plus jeunes anges, mais on entend ici les fillettes des Orpington Junior Singers pour un "Jene Rosen aus den Händen" aussi ravissant que touchant, malgré la verdeur des voix.
Le chef aborde le "alles Vergängliche" à une lenteur très solennelle. Puis l'appel vers l'en-haut (« zieht uns hinan ») immisce des voix suppliantes, qui ancrent ce Finale dans un climat d'imploration de plus en plus décidé, soclé dans le granit de sa conviction.

Avant cet enregistrement du 18-20 avril 1966, l'oeuvre avait déjà connu plusieurs captations en live (Eduard Flipse, Dmitri Mitropoulos, Leopold Stokowski, Hermann Scherchen...), et une seule en condition studio (Maurice Abravanel à Salt Lake en décembre 1963).
Aucun de ces témoignages ne saurait rivaliser avec l'exceptionnelle prise de son réalisée ici par CBS. Ca ne veut évidemment pas dire que cette "Symphonie des mille" résonnera dans nos salons comme au concert, mais la clarté, le relief et l'ampleur de la restitution crédibilisent l'illusion comme si on était placé au premier rang.

La façon dont les chefs abordent les premières secondes signe souvent le tempo d'ensemble et le caractère de leur interprétation de l'hymnique première partie.
Bernstein prend à la lettre l'indication « allegro impetuoso » et fourbit une projection orchestrale et chorale qui crève l'écran.
Avec de tels effectifs en jeu, prendre le "accende lumen sensibus" à une telle allure exposerait à une débâcle quasi certaine.
Et pourtant, miracle, les troupes s'activent sans fléchir. Les langues de feu zèbrent le ciel. Les grandes orgues tonnent comme au jugement dernier. Les trombones crépitent comme tous les brasiers de l'enfer pour extirper le "Hostem repellas longius". Tout cela dans une parfaite lisibilité !
Par prudence ou pragmatisme, d'autres chefs tendent ordinairement à ralentir pour l'intervention des garçonnets (0'22, 1'08). Mais pas ici : les Highgate School Boys sont chauffés à blanc !
Bernstein assouplit ensuite peu à peu son foudroyant tempo : serait-ce pour ménager ses troupes, s'il n'était plutôt convaincu (certes contrairement à ce que prévoit la partition) qu'une telle décélération peut seule magnifier la glorieuse incantation des mots « veni creator spiritus » (4'28 plage 11) qui s'imposent ici avec une extraordinaire majesté.
En tout cas, voilà un effet qui valorise la remobilisation collective pour le "Gloria patri Domino", organisé de main de maître. Eblouissant !

Ceci n'est pas seulement une version de référence. Techniquement, artistiquement, c'est un triomphe !

J'espère ne me fâcher avec quiconque si j'écris que Janet Baker reste une des plus grandes voix mahlériennes du siècle.
Sa tessiture de mezzo claire est-elle celle qu'on attend pour ce cycle meurtri ? Qu'importe...
Ces "Kindertotenlieder", elle les avait déjà incarnés sous la baguette de John Barbirolli en mai 1967 pour Emi.
Ici en novembre 1974 à Tel Aviv, elle ne sacrifie pas l'expression de la douleur à l'émotion du chant.
La Philharmonie d'Israël l'accueille dans un paysage affectif des plus touchants.
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