Toujours désireux de donner des sueurs froides à ses fans, après le virage hard rock, Metallica s'en va flirter avec la musique classique. On se souvient à l'époque des jérémiades des « vrais » fans : « n'importe quoi », « une honte », « de pire en pire », etc.
Rappelons dans un premier temps que c'est Michael Kamen, chef de l'orchestre symphonique de San Francisco, qui fut à l'origine du projet. Il propose au groupe de rajouter aux titres des parties symphoniques composées par ses soins. Il envoie une cassette comportant quelques chansons ainsi réarrangées, et c'est dans la poche. Une démarche similaire à celle de Deep Purple 25 ans avant, et qui sera reprise assez pathétiquement dans la foulée par Scorpions et Kiss (on imagine le massacre rien qu'à l'évocation des groupes).
Après une superbe Ecstasy of Gold jouée par l'orchestre, on enchaîne par un titre né pour être sur le disque : Call of Cthulhu, qui se prêtre très bien à l'expérience. Puis c'est une pléthore des meilleurs morceaux de Metallica qui se déroule sans accroc. On note l'absence de titres de Kill'em all, ce qui est une bonne chose, puisqu'on les imagine mal accompagnés de violons ou d'instruments à vent. Même chose pour les titres du Black Album, très rock et accrocheurs. Malheureusement il y en a, et je dois dire qu'ils passent vraiment mal à part Nothing Else Matters. Enter Sandman et Wherever I may roam sont même franchement ratés. Pour le reste, c'est un sans faute, l'orchestre harmonisant à la perfection les morceaux, leur donnant à chaque fois une dimension mélodique supérieure. On note les superbes: Bleeding Me, Master of Puppets, Until it sleeps, The Outlaw Torn, et le magistral One.
Signalons la présence de deux nouveaux titres: No Leaf Clover qui est clairement dans la lignée de Load/Reload, et Minus Human qui est proche d'I disappear. Au final un superbe live, qui dépasse toutes les espérances.