Richard Arnell demeurera comme un des plus grands symphonistes anglais du XX° Siècle.
Il naquit en 1917 à Londres, où il étudia la composition avec John Ireland, avant de partir aux Etats-Unis en 1939. La guerre en Europe le contraignit à y rester jusqu'à son retour en Angleterre en 1948.
Il enseigna alors au Trinity College, et composa des Symphonies, de la musique de chambre, des concertos, des opéras, des ballets et diverses partitions pour le cinéma.
Son oeuvre fut défendue et même enregistrée par Sir Thomas Beecham (qui le considérait comme une des meilleurs orchestrateurs depuis Berlioz) avant de sombrer dans un certain oubli, balayée par les courants d'avant-garde des années 1960.
Le chef Martin Yates, qui fut l'élève de Arnell, a entrepris une captivante résurrection de ce répertoire qu'il a méritoirement gravé pour le label Dutton.
Les deux oeuvres ici entendues remontent à la période américaine. L'Ouverture "The New Age" op. 2 est datée du 9 octobre 1939 et fut jouée au Carnegie hall le 13 janvier 1941. L'incertitude tonale de cette page de jeunesse est contrebalancée par son charme mélodique.
Dédiée au courage politique du peuple britannique, la Symphonie n° 3 fut achevée en août 1945 et acceptée pour une diffusion radiophonique de la BBC le 16 avril 1952, sous la baguette de Norman del Mar.
L'année suivante, Sir John Barbirolli la joua au festival de Cheltenham, en pratiquant des coupures pour tenter d'en rééquilibrer les proportions.
L'oeuvre déploie six parties sur près d'une heure. Après une introduction cuivrée et oppressante, l'Allegro développe une substance dramatique à la fois concentrée et imprévisible. Coeur de l'ouvrage, l'Andante déroule une sombre procession méditative. Le turbulent Presto révèle d'évidents talents d'instrumentation, soulignée par une efficace percussion.
Un bref et poignant Maestoso mène au vaste et lyrique Finale, dont les épisodes s'enchaînent habilement vers l'affirmation d'une apaisante victoire, couronnée par une conclusion intrigante.
Même si l'on ne dispose d'aucun autre point de repère discographique, l'on peut néanmoins affirmer que le Royal Scottish National Orchestra s'implique exemplairement pour donner envie de découvrir ce compositeur. Excellente prise de son, réalisée le 4-5 septembre 2005 à Glasgow.
Si cela vous tente, d'autres volumes sont disponibles dans la même collection "Epoch" de Dutton, qui explore avec sagacité ces répertoires injustement méconnus.