Cet album est une curiosité que tout fan du fabuleux groupe qu'est Symphony X se doit de satisfaire. Je parle de fan, car il me semble que ceux qui apprécient le groupe avec modération peuvent se dispenser de l'acquérir. En effet, ce Symphony X-là n'a pas encore toutes les qualités qui rendront les albums suivants indispensables.
Les bases du style de Symphony X sont posées: un métal néo-classique à forte tendance Malmsteenienne mais qui n'oublie pas de citer Queen (les choeurs de "Raging Season" sont à ce titre-là assez troublants, on croirait vraiment entendre la voix de Freddy Mercury pendant un court instant) ou de se faire plus progressif (notamment avec un "Lesson before Dying" de 12 minutes qui clôt l'album).
Cependant, comme c'est le cas pour beaucoup de groupes à leurs débuts, les compositions n'ont pas encore la maturité ou les qualités qui pourraient les rendre inoubliables.
La production est très modeste et l'ensemble sonne plus comme une bonne démo que comme un album produit avec soin et moyens.
Autre élément qui a son importance: ce n'est pas le grand, que dis-je... l'immense Russel Allen qui prête à voix à ce premier opus. Le chanteur s'appelle Rod Tyler et même si celui-ci s'en tire correctement, force est de constater que sa voix n'a pas la puissance, la beauté ou la profondeur de celle de son successeur.
Voilà, ce premier album n'est pas un faux pas, il n'est pas honteux... mais il reste modeste et forcément inférieur à ce qui va suivre. Quelques chansons sont très sympas, le niveau technique des musiciens est impressionnant et on sent bien un fort potentiel qui ne demande qu'à se réaliser. Avec une meilleure production, un nouveau chanteur et des chansons plus fortes, Symphony X ne tardera pas à mettre tout le monde d'accord.