Aprés Good night and good luck, Lord of war ou encore Jarheads, Hollywood continue son retour à des films aux propos des plus politiques. Ce coup-ci ce sont les compagnies pétrolières et leurs alliances gouvernementales qui en prennent pour leur grade.
Pour son premier film Stephen Gaghan s'attaque donc à un gros morceau, surtout en ces temps troublés. Pour se rattacher à un terrain connu, Stephen Gaghan utilise le même système de narration qu'il avait utilisé pour Traffic de Soderbergh dont il est l'auteur du scénario. Ce type de narration, se prête d'ailleurs bien plus au propos du film, de par la complexité des réseaux pétroliers et politiques évoqués, que dans Traffic.
La grande réussite du film est d'ailleurs là. Réussir à faire ingurgiter au spectateur la somme énorme d'informations distillée dans le film n'était pas chose aisée. Pour peu qu'on reste concentré on arrive aisément à suivre le parcours des trois fils conducteurs principaux que sont George Clooney (qui vient d'avoir l'oscar pour le rôle), Matt Damon et Jeffrey Wright. A eux trois, ils vont nous permettent grâce à leur remarquable interprétation de mieux comprendre les méandres visqueux du business pétrolier.
Au final, on peut dire que Syriana atteint son but, ouvrir un tant soit peu les yeux du spectateur sur les dessous de ce secteur Ô combien important de l'économie mondiale. Mon seul bémol serait que si l'on s'interesse un peu à la géopolitique mondiale, on n'apprend pas grand chose, mais le film reste agréable à voir.